J’ai toujours rêvé d’être oeNostalgeek !

 

« Un soir l’âme du vin chantait dans les bouteilles : /« Homme, vers toi je pousse, ô cher déshérité / Sous ma prison de verre et mes cires vermeilles / un chant de lumière plein de fraternité ! » – Baudelaire

 

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Me by ©FabienneFelix

Si je devais résumer la WineWebParty en un vers, ce serait celui-ci. Malheureusement, il compte plus de 140 caractères…

Il y a un an (il y a un siècle, il y a une éternitééééé….oooon iraaaaaa, où tu voudraaas quand…oups, pardon, je m’égare, comme l’oeil droit de Joe Dassin). Il y a un an donc, je pénétrais timidement dans l’univers des blogueuses, perchée sur mes hauts talons et drapée de mon féminisme potichesque, et l’un des premiers événements auquel je fus invitée pour y apporter ma vision subjective du bout de ma plume fut la « TwittWineParty ». Et c’était bien.

– « Ouais, super, c’est cool, moi y a un an j’étais invité au mariage de ma cousine Elise et on a mangé du veau sauce grand veneur. On s’en branle quoi, non ? « 

Naaaaan, on s’en branle pas (enfin, pas devant mes articles steuplé, devant mes photos, à la rigueur, je comprendrais mieux;-) ). Tu vas comprendre.

Il y a un an, je vivais donc un événement mélangeant geekerie et wine-lovers, et en tant que petite nouvelle sur la toile, ce fut un baptême dont je me souviens encore. Je m’en souviens tout particulièrement, car depuis une semaine, nous préparons la deuxième édition de cet événement, avec mes potes oenologeeks, et pour l’occasion j’ai retrouvé l’article que j’avais écris sur un autre support, et j’avoue que si je n’étais pas une adepte de l’épilation intégrale, ça m’aurait foutu les poils…

Parce qu’il y a un an, cette expérience m’a appris que loin de cloisonner les gens derrière un écran, les médias sociaux étaient un formidable vecteur de rencontres, permettant de faire se croiser des profils atypiques, de mondes complètement opposés mais pas contraires, qui ont des choses incroyables à s’apporter. Ça fait un peu bateau comme ça, mais dans et article, je dressais un petit « bestiaire » à la Papo des gens qui m’entouraient (bah, j’étais nouvelle, j’ai un peu vécu ça comme un reportage animalier ou une plongée en Terre Inconnue…). Et aujourd’hui, si ça me fout les pouwaaals que j’ai pas en le relisant, c’est tout simplement parce que ces gens que j’ai taquinés du bout de ma plume font, un an plus tard, tous partie de près ou de loin de mon monde : ils sont devenus des mentors, des partenaires professionnels, et surtout, pour la plupart, de véritables amis, avec qui j’échange bien plus que des twitts et photos instagram.

La preuve que j’avais raison (enfin de toute façon, j’ai toujours raison hein, partons de ce principe, ça nous fera gagner du temps), le web, les médias sociaux, toussa, le temps où l’on accusait ces supports de tous les maux est révolu : l’irrésistible ascension du geek over-sociable est en marche !

J’avais envie de re-partager cet article avec vous, sur mon blog à mouwa, et même si je ne suis pas Albert Londres ni Marc Levy (oui, je sais, entre les deux il y a un pont Baba…) et que les dédicaces ça fait crâneuse, j’aimerais le dédier à ceux qui se reconnaîtront et qui sont à ce jour de vrais amis :

Amélie, Vincent, Vicky, Adeline, et tous les autres.

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Moi ch’uis Yasmine Bleeth et j’prends la photo…

 

Try to remember, c’était il y a un an…

Prenez une bonne grappe de geeks, accros à leurs smartphones et surentraînés du pouce. Ajoutez y un bouquet de passionnés de vins, intarissables sur la question et capables d’enchaîner 10 dégustations à la suite sans vaciller du gosier. Laissez macérer le tout dans une jolie cuve, et vous obtenez : la Twittwineparty, organisée au bar à vin du CIVB à Bordeaux !

La TwittWineParty, c’est cet ovni événementiel qui a eu lieu de 21 février dernier. La Mairie de Bordeaux, le CIVB et l’agence Moonda ont eu la riche idée et l’ouverture d’esprit de réunir autour d’eux des personnalités aussi variées que les divins nectars du Bordelais, pour déclencher un petit buzz sur le web, avec pour but ultime de faire parler massivement, en un temps donné, des Vins de Bordeaux et d’ailleurs.

Bon, je te résume. Pour te la faire courte :

« Twitt » comme Twitter : parce que c’est sur ce média social que tout s’est passé en quelques heures.

« Wine » : la thématique de la soirée, à savoir parler du vin quel que soit notre lien avec lui (on l’aime, on le déteste, on le préfère blanc, on se pâme pour les Bordeaux, on compare, on travaille dans le secteur, on cuisine avec, bref on a un truc un dire quoi !)

Et « Party » : ça, ça veut dire que le ton sera convivial, que le but est de se réunir physiquement ou virtuellement, qu’il y aura de la clapiotte à grignoter et de la bonne humeur à consommer sans modération.

En parallèle à cette effervescence déjà bien entamée sur la toile depuis le matin, les organisateurs de la TwittWineParty ont aussi réuni physiquement plus d’une centaine « d’Oenogeeks » (ceux qui manient aussi bien le tire bouchon que le smartphone, à savoir des blogueurs locaux, des institutionnels du monde du vin, des viticulteurs amoureux des TIC, des infographistes, etc), à Bordeaux au bar à vin du CIVB, pour une soirée dégustation à laquelle j’ai eu l’honneur d’être conviée. Perchée sur mes escarpin (arrivée à la bourre donc…),je fus ce soir là intronisée par la confrérie oenologeek des WineTwittos, avec une excitation non dissimulée face à cette nouvelle expérience !

Vin, mille lieux sur la terre !

©papotiche

Quand j’entre dans la pièce, l’atmosphère est déjà pas mal décantée. Ça chambre dans tous les coins, les blogueurs sont heureux de se retrouver, le bruit des verres qui s’entrechoquent (oui, on trinque, au diable l’hérésie !) se mêle aux rires des collègues et partenaires qui se réjouissent de se retrouver dans un cadre détendu ainsi qu’à la sonnerie des mentions et notifications qui retentissent dans tous les sens, et au fur et à mesure que je m’avance pour déguster un premier verre, de nombreux visages me semblent étonnamment familiers.

Timidement, je dégaine mon premier twitt pour annoncer mon arrivée et entamer les festivités. L’objectif étant, ce soir, où que nous soyons, de raconter « notre » vin sous un hashtag commun, #TWPBX. Et c’est ainsi qu’en parcourant les premiers comm’, je me rends compte que si certains visages ne me sont pas inconnus, c’est tout simplement que ce soir j’expérimente une immersion dans ma page facebook grandeur nature !

En effet, quelle surprise de découvrir qu’à deux mètres de moi se trouve le blogueur que je suis depuis des mois, le journaliste avec qui j’ai travaillé à distance la semaine passée, ou encore ce community manager qui a contribué sans le savoir à asseoir mes connaissances de padawan-geekette. Ce soir les photos de profil et avatars sont animés : quelques mentions et « heyyyy chui là !!! » plus tard, on ne se poke plus, mais on se bise !

On se retrouve IRL : Je suis une Papotiche heureuse !

Dans tous les coins, on entend des « il faut absooooolument que je vous présente !!! ». Chacun est venu avec divers invités, de tous horizons, unis sous la même palme de l’amour du vin et de l’envie de le partager.

Pour ma part, je suis comme un poisson dans l’eau, ou une Potiche dans les rayons de chez H&M : ce soir, pas UNE personne ne me reprochera « d’avoir le nez dans mon smartphone », comme c’est souvent le cas dans mon quotidien de geekette incomprise. Car vous savez quoi ? Au royaume du Twittos, c’est bel et bien le lien social qui est roi ! Ce qui nous unit, c’est l’attrait des rencontres, le plaisir de bavarder, l’envie d’échanger –ce soir tant de parler de nos connaissances œnologiques que de se nourrir de celles des autres, et contrairement à ce cliché malheureusement répandu, les professionnels du web ont un grand sens du contact et sont souvent bien plus sociables et entourés que ceux qui les stigmatisent !

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Immersion en Terre Inconnue…

Moi, je suis là en tant que rédactrice de MGB et blogueuse de mon nouveau BB intitulé « J’ai toujours rêvé d’être une Potiche ». Bon, je ne vais pas vous mentir : je ne suis pas experte en vin au point de reconnaître un cépage, une appellation ou un millésime en une seule gorgée. Ce soir, mes twitts ne changeront pas la face du monde hein… J’imagine bien ce qui viendrait à l’esprit des vieux briscards de la planète du vin, me voyant débouler avec mes cops dans ma robe flashy, perchée sur 10 cm de talons : « elle a du se tromper d’endroit, on ne sert pas de mojitos ici ». Mais ne vous fiez pas aux apparences : primo, ça fait belle lurette que les nanas ont investi le secteur, et s’y connaissent désormais tout autant que les hommes sur la question. Finie l’époque où c’est à monsieur qu’était réservé le choix de la bouteille dans le couple. Attention aux divines Bacchantes les mecs, la finesse de notre palais en met plus d’un au tapis. Secundo, figurez vous que le propre de l’oenoGeek, c’est de justement n’avoir AUCUN préjugé ! Ouverture d’esprit que je vous dis ! Et puis ceux qui n’y connaissent rien n’auront de toute façon aucun complexe à avoir ce soir; le débat est ouvert, chacun y apportera sa pierre, son bon mot (le seule chose qui sera limitée ce soir, c’est le nombre de caractères, rapport à Twitter), car le vin n’est pas uniquement une histoire de connaissances gustatives, il est un terroir à raconter, des rencontres à se remémorer, et bien plus encore. D’ailleurs, l’équipe organisatrice de l’événement a ouvert un blog où sont diffusés depuis plusieurs semaines divers billets dans tous les tons, auquel j’ai contribué en papotichant sur les « accords vin et musique ».

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Tandis que je prends en photo mon premier verre (un Sweet Bordeaux, pour commencer en douceur) autour de moi mes amis alcogeeks se suivent et ne se ressemblent pas.

Il y’a le poète, qui maîtrise tous types de verres à pieds, et qui en seulement 140 caractère nous fait voyager dans ses « vers de vin » à nous en mettre la larme à l’œil.

Plongé dans ses pensées, il a presque failli renverser son Pomerol sur le chemisier de la jeune et jolie blogueuse, redoutable « story telleuse », qui a fait sa réputation en se mettant en scène dans le monde du vin sur un ton décalé, et qui continue ce soir en se prenant en photo devant chaque verre de vin qu’on lui sert. Ne vous fiez pas à sa robe un peu trop rouge ou à sa cuisse un peu trop découverte, tout cela est savamment étudié, n’allez pas non plus voir en son minois enjôleur l’arôme de la naïveté : c’est une redoutable communicante mais aussi sérieuse connaisseuse qui a fort à apprendre aux vieux de la vieille !

Le « serial twitter », qui vient de la prendre en photo en train de se prendre en photo, se réjouit de cette gouleyante mise en abyme. Lui, il est l’invité idéal ce soir : dégainant son pouce plus vite que je ne dégaine mon rouge-à-lêvre, pas un seul twitt le concernant n’aura sa réponse en plus de 30 secondes. C’est une question d’honneur Môssieur ! Le top contributeur ce soir, ce sera lui !

D’ailleurs, il vient de retweeter et favoriser son pote le comique. Celui qui a toujours le mot qu’il faut, qui a le nez pour lancer des hashtags percutants et qui manie le double sens avec un second degré irrésistible. « Je t’ai prise par derrière miss » vois-je arriver de sa part sur l’écran de mon iphone. Puis trois petits points de suspension plus tard : « en photo je veux dire 😉 ». Et de découvrir une photo de moi sur son twitter, déjà 4 fois « lolée » où l’on me voit de dos lever mon verre de vin pour en apprécier la couleur. A charge de revanche… puisqu’après tout c’est un peu le but ce soir !

Déjà, je l’ai ajouté à mes contacts.

Le « chui nouveau sur Twitter s’cusez moi hein » le regard plein d’envie. Il réunit à lui seul plus de connaissances en œnologie que toute la salle réunie, mais face aux médias sociaux, il est comme un jeune homme qui se rend à la pharmacie pour acheter ses tous premiers préservatifs : il n’ose pas… Il a créé son compte la veille, motivé par l’envie de s’y mettre et par la perspective de la soirée, et au bout d’une heure seulement tentera un timide « coucou tout le monde! » mais en se trompant sur le hashtag. Argh… Heureusement, l’objectif de la soirée est de faire se rencontrer le monde du web et celui du vin, aussi le Wonder-Geek viendra rapidement à sa rescousse pour l’introniser dans ce monde qui peut sembler si bizarre vu de l’extérieur, et lui prouver que loin de n’être qu’un gadget bon pour ceux qui aiment y raconter leur vie dans les moindre détails, Twitter peut être un formidable outil de travail et de communication pour les viticulteurs.

Il ont un peu de mal à s’entendre, car face à eux la bande de joyeux drilles est enfin au complet et ri à s’en oxyder le cerveau en se racontant les derniers « epic fails de leur VDM ». Sur le « twittwall » défilant sur un vrai mur pour l’occasion, on voit apparaître leurs calembours, et puis une photo de 6 verres qui trinquent tous ensemble, à la joie de se retrouver. Au fur et à mesure de la soirée, la bande va s’agrandir.

Le rire, c’est communicatif. Comme l’Oenogeek.

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Et puis au milieu de tout ce petit monde, il y’a moi. Papotiche. Qui regrette un peu d’avoir mis une robe si moulante ce soir, tellement les petits fours sont bons mais difficiles à caser dans les replis de mon fourreau taille 36. Qui réajuste son gloss d’une main et de l’autre lève son verre à travers la lumière des vitraux du CIVB et s’extasie devant la palette de couleurs de son verre de Pauillac. La fille en apparence un peu superficielle mais qui s’y connaît keumême en vin. Le monde est plein de paradoxes, hein. Enfin, je m’y connais mais suffisamment peu, toutefois, pour boire sincèrement les paroles de tous ces passionnés. Pour siroter les conseils des œnologues que j’ai la chance de croiser ce soir entre deux twitts. Pour trinquer avec ce blogueur que je n’avais encore jamais rencontré IRL, et dont j’ai appris la présence par une mention. Pour me délecter des récits de ce journaliste qui semble avoir goûté plus de vins dans le monde que je n’ai de paires d’escarpins dans mon dressing (et j’en ai beaucoup…). Pour que l’on se rappelle ensemble qu’au fond de nos verres, il n’y a pas qu’un liquide alcoolisé prisé des amateurs de bonne chère, mais toute une histoire, celle de ces viticulteurs qui nous parlent de leur vigne comme d’autres parlent de leurs enfants.

A ma droite, sur la banquette où je me suis posée deux minutes le temps de recharger mon téléphone bien plus à plat que moi, une community manager m’explique comment il est possible d’évaluer qualitativement et quantitativement une soirée où tout se passe sur Twitter. Logiciels d’analyse, nombre de vues, nombre de posts, viralité, etc. Ce qui peut sembler anecdotique quand physiquement nous nous retrouvons ce soir en petit comité, prend tout d’un coup une ampleur considérable dans mon esprit : le lendemain, elle m’apprendra en effet qu’à travers le monde entier, si le hashtag de la soirée avait été une seule et même pièce, nous aurions trinqué entre plusieurs milliers de gens à l’intérieur ! Amateurs, connaisseurs, curieux, passionnés : tous différents mais liés par 5 petites lettres qui au final furent le début d’un vaste roman. Ce que l’un ignorait, l’autre a eu envie d’en parler 5 minutes plus tard : ça tombe plutôt bien non ?

Regarde, avec cette vidéo, tu comprendra pourquoi les médias sociaux sont loin d’être des gadgets.

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Alors, on retient quoi de tout ça?

Déjà, on en retient qu’après cette soirée personne n’est plus en mesure de dire que les réseaux sociaux isolent les gens. Ou qu’internet tue le lien social. Loin de cloisonner les individus derrière un écran, le web est devenu mobile et social. L’image du geek enfermé chez lui a fait long feu hein ? on va peut être arrêter avec ça: de Facebook à Instagram, autant d’accélérateurs de relations et de rencontres qui ont permis à des OenoGeeks comme moi qui ne se connaissaient pas de lever leurs verres de vins tous ensemble, et de partager ce moment avec d’autres groupes d’alcogeeks anonymes malgré les distances.

On en retient aussi que l’âge, l’origine social, le sexe, ou encore la tenue vestimentaire : on s’en fout. Nous sommes nés libres et égaux en palais, merde !

Mais on en retient l’essentiel :

Parée d’une simple feuille de vigne, en ce soir de février, Ô Bordeaux ce fut bien toi la plus belle pour aller twitter!#TWPBX

Yeeees, 140 caractères, ça passe ! Like and share!!!!

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Voilà, il y a un an j’étais donc déjà bien excitée, et je le suis d’autant plus aujourd’hui que c’est main dans la main avec ces même wine-geeks que je participerai à la seconde édition de la TwittWineParty, renommée WebWineParty, qui aura lieu pendant la semaine digitale à Bordeaux.

On dit souvent que la nostalgie n’aide pas à avancer, que ressasser le passé ne sert à rien. Pourtant, en me souvenant de tout ce qui a pu se passer en un an, ça me booste. Se rappeler d’où on est partie, des convictions qu’on avait, et se réjouir d’avoir avancé, pour justement aller encore plus loin.

– « Oui, bon t’as pas non plus eu le Nobel de Chimie Papo, hein. Tu t’es juste fait des potes !»

Bah oui, mais pour qui croit au destin, le bonheur tient toujours en une rencontre. Imagine tous les petits bonheurs que je collectionne, alors. Et je suis fière de l’avoir un peu forcé aussi.

Bon, on sait pas encore où on va,ni ce que cela donnera, mais une chose est sure : quoi qu’il se passe, je te raconterai tout, en détails. Parce que toi aussi, ma Potiche, un an plus tard, tu es devenue mon amie <3

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