15 phrases qu’il faut VRAIMENT arrêter de sortir aux gens qui viennent de se faire larguer

Je suis ce que l’on pourrait appeler une docteur ès ruptures sentimentales. Une experte en relations de merde qui se terminent à chaque fois de la façon la plus originale et pathétique possible (un jour, je vous raconterai. Mais pas là…). Un aimant à VDM (je vous rassure, je me remets un peu question aussi hein… ). Le truc jaune et collant qui pendouillait du plafond chez mamie, sur lesquelles s’agglutinaient les mouches pour finir leur vie en une lente agonie. Sauf que moi, c’est pas des mouches mais des grooos chagrins et autres histoires WTF avec les êtres du sexe opposé qui se collent à ma peau.

Je ne dirai pas que j’attire les connards, car voyez-vous, je pense que la majorité de mes ex étaient et sont des mecs bien. Sinon, à de rares exceptions près, je ne les aurais pas aimé. Mais il y a un truc très pénible dans la vie qui s’appelle : le timing.

C’est quoi le timing Père Castor ?

Le timing, c’est une question de moment. Ou de maturité. Ou d’envies réciproques, de compatibilité de caractère, d’envie de faire des gosses, de « j’arrive pas à oublier mon ex », de là où on en est dans sa tête et dans sa vie. De poufiasse qui passe pour aguicher mon me… non pardon, je m’égare. Quoi que ça aussi c’est un peu une question de timing.

Bref, une histoire de concordance des astres.
Ce foutu timing fait qu’à un instant T, tu peux être un mec/nana génial(e) mais briser le cœur d’une nana/mec tout aussi cool, juste parce que les circonstances étaient mauvaises. Et aussi, parfois, parce que l’on vit dans un monde sur-consumériste où il est plus facile de baisser les bras plutôt que de se battre pour arranger et garder les choses.

Pour tout un tas de raisons (et parce que je ne dois pas non plus être une sainte femme) et à cause de ce bon-sang-de-bois de timing, j’ai eu suffisamment de peines de cœur douloureuses dans ma vie pour en arriver à ce petit glossaire que je voulais vous livrer aujourd’hui. Car qui dit rupture, dit…. bons conseils, poncifs et commentaires en tous genres de ton entourage, qui en toute bienveillance a vraiment envie que tu ailles mieux, mais qui :

 

  • a)A oublié que parfois, juste consoler quelqu’un c’est cool
  • b)Est en couple depuis 17 ans donc n’est pas le mieux placé pour te comprendre
  • c)Ressort du tiroir des adages vieux comme mon âge non-officiel
  • d)Obiwan Kenobi

 

Ladies and gentlemeeeeen, après la goutte d’eau qui a récemment fait déborder le vase (un petit « c’est pas en pleurant que tu vas le faire revenir Papo »), je n’y tiens donc plus : voici

le top 15 des phrases qu’il faut à tout prix bannir de son vocabulaire face à une nana/un mec en plein chagrin d’amour.

Parce que vraiment, croyez-nous, ça n’arrange pas du tout les choses…

 

1-    « Un de perdu, 10 de retrouvés »

Personne.

Jamais.

Ça ne marche qu’avec les kilos ça : t’en perds un en ne bouffant pas pendant une semaine, t’en reprends 10 en redécouvrant que le Nutella existe. Ceyyy la loi pourrie de la mathématique du cosmos ça !

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2-   « T’inquiètes pas : à chaque pot son couvercle »

Eukaaaay. Alors moi je dois être un vieux Tupperware oublié sur la plage arrière d’une bagole un 15 aout de canicule à Palavas-les-Flots. Genre le Tupperware qui a fondu et qui a la surface toute ondulée, celui que tu gardes dans ton placard alors que plus aucun couvercle bleu n’arrive à le refermer, même en forçant biiiiien (on a tous ce Tupperware orphelin dans notre placard, fais pas genre).

Le jour où vous retrouverez un couvercle à ce foutu Tupperware, vous pourrez me sortir cette phrase sans que je ne dégaine le lance-flamme. En attendant, tu prends tes clics, tes pots, tes couvercles et tu te casses !

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3-    « Ça te tombera dessus le jour où tu t’y attendras le moins. »

Ok. J’attends pas là. C’est bon ? Non. Ohéééé, j’attends pas, tombe moi d’ssus bordel.

Ah bah non, ça fait 15 ans que je fais ça, et ça marche pas. La seule chose qui me tombe dessus quand je m’y attends pas, c’est la pluie quand je me suis lissée les cheveux.

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4-    « Faut forcer le destin : fais de nouvelles activités pour rencontrer de nouveaux gens »

C’est tout le paradoxe des gens qui ont absolument envie de te sortir des poncifs en croyant que la gouttelette d’eau éteindra le brasier qui consume ton cœur : ils se contredisent. Le même qui te dira « faut pas chercher, ça vient tout seul, ça te tombe dessus », t’incitera le lendemain à t’inscrire à un cours de yoga bikram pour rencontrer de nouveaux gens. « Faut élargir ton cercle meuf, ouvrir tes horizons… ». Et toi, pendant ce temps, tu n’as qu’une idée en tête : qu’on te laisse faire le deuil de Mr Connard/Madame Poufiasse, le/la seul(e) à qui là maintenant tu voudrais octroyer le droit d’élargir ton cercle.

Pardon. Sale. Mais tellement vrai…

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5- « Tu dois d’abord t’aimer toi, pour qu’un(e) autre puisse t’aimer »

Ok. Mais y’a un truc très con : je veux bien m’aimer moi-mème, mais au bout d’un moment ça fait mal au poignet (tu l’as ? Dis ? Dis ? Tu l’as ???). Et puis je parle pas beaucoup donc s’installent souvent des loooooongues plages de silence entre moi et moi. Non, vraiment, je préfère quand c’est quelqu’un d’autre qui m’aime, c’est plus distrayant.

Bon, et puis blague à part les philosophes à deux balles : quand ton mec te largue pour une nana qu’à priori il trouve mieux que toi, c’est pas bien évident de s’aimer. Au pire, aidez-nous un peu.

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5 bis – (variante) : « tu vas pouvoir te retrouver »

Oui voilà, c’est ça, me retrouver.
Toute seule.
Comme une merde.
En slip sur mon canapé à hurler comme un chien-loup sur du Metallica.

En balançant des chocapics contre les oiseaux dehors qui osent troubler mon spectacle.

C’est cool.

Ou sinon, me retrouver sur le bas côté. Comme la copine moche qui restait accoudée au comptoir au moment des slows en boite.

Ca va être biiiiien, wouuuhouuuuu !

6-    « De toute façon ce mec on le sentait pas… on en parlait souvent d’ailleurs avec Betty et Marie-Morue »

Quand mes potes me disent ça, pour ma part ça double ma peine : je les imagine tous cancaner sur mon « mec » de l’époque dans notre dos, dès qu’on a les talons tournés, dès qu’on partait d’une soirée, et comme le chagrin rend totally parano, ça part direct en couilles : dans ma tête, les voici tous en cercle autour d’un pentacle, une photo de mon ex au milieu, à nous jeter des sorts dans leurs habits de templiers, en mangeant des petits chats.

Non, les gens, si vous n’aviez jamais fait cette remarque avant, n’en rajoutez pas et ne laissez pas penser à votre ami que vous aussi vous vous êtes foutu de sa gueule, c’est mieux. En plus, on n’a pas toujours envie de dire du mal du mec qui nous a quitté, étonnamment (moi je ne l’ai jamais fait…).

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7-    « Encore ? Qu’est ce que tu lui as fait à celui-ci ? »

Cette phrase est accompagnée de la mention « Logo « phrase de maman » ».

Il y a une loi métaphysique qui induit que quoi qu’il se soit passé avec ton ex, le problème vient forcément de toi. Quand tu es la Bridget Jones de la famille, la relou, celle qui ne s’est pas mariée à 25 ans avec son amour de jeunesse rencontré à 20, c’est que de toute façon tu as un problème. Tu es un problème.

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7 bis (variante)-    « Quand même, au bout de 3 ruptures, tu devrais pas te remettre en question ? »

  • « Tu vois ce schéma ? »
  • « Non Papo, lequel ? »
  • « Celui qui est H24 devant mes yeux depuis qu’il est parti. Alors en haut t’as le requin, ensuite t’as l’éléphant, l’ours, l’hippopotame toussa, puis y’a l’être humain, ensuite t’as les petits animaux qui servent à rien, puis les mollusques. Sous les mollusques y’a les insectes, arrivent ensuite les bactéries, les vers de terre, les asticots, les invertébrés qui bougent pas et qui vivent 2h grand max. Et bah juste en dessous d’eux, c’est à peu près là que je me situe niveau estime de moi, donc je vais éviter de philosopher pour me remettre en question parce que je risquerai de me faire dégringoler de quelques barreaux de l’échelle de l’évolution encore… »

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8-    « Oh la la mais t’en fais des caisses, y a plus grave dans la vie non ? »

Oui c’est sur. Il y a toujours plus grave. Me dit-elle alors que ça fait 20 ans qu’elle est mariée et qu’elle n’a pas la moindre idée de ce que ça peut faire un cœur que l’on piétine à coup de Doc Marteen’s tous les 3 ans.

C’est sur que vu d’un monde où l’on a tout pour être heureux, cela peut paraître plutôt dérisoire de se rendre malade pour un mec ou une nana qui nous quitte. Mais rien n’y fait : ça fait mal.

Et souffrir d’aimer ne nous empêche pas de continuer à trouver que la guerre c’est mal hein, que la violence est un fléau et d’avoir de l’empathie pour les autres qui souffrent doublement. On n’est pas débile. Mais ce n’est pas en hiérarchisant les peines que l’on abolit les plus bénignes.

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9-   « Ne sois pas dans la colère, ça ne résout rien… »

Ouiiiii. La vie est formidable, faisons nous des bisous. Allez, je respire un bon coup, j’enfile mon tutu rose et je vais danser un charleston sous la pluie. LOLILOL.

Ah bah en fait si. Vraiment. La colère me fait du bien. C’est ma seule compagnie tu vois. Déchirer ses affaires en fumant clope sur clope et lui souhaiter toutes les MST du monde, je t’assure que ça me fait du bien. VRAIMENT.

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10-    « Sors, vois des gens, change toi les idées ! »

  • « Ok d’acc ! Tu fais ce soir ? On va boire un verre ? »
  • « Ah non mais moi ce soir je peux, on a un dîner en amoureux avec Jean-Croute et puis on voudrait profiter un peu des enfants, pour une fois qu’on a du temps. Je disais ça dans l’absolu. »

Ah Ok. Dans l’absolu : tu fermes ta gueule alors !

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11-    « Je te l’avais biiien dit ! »

Heu… no comment… juste : TA GUEUUUUUUULE !!!!!

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12-    « Tu vas vraiment finir vieille fille, je m’inquiète. Tu sais à 35 ans ça va devenir compliqué de faire des enfants, t’a déjà pensé à congeler tes ov… »

TAIS TOI MAMAAAAAAN. Oui, phrase sortie dans 99% par maman, tata ou autre personne sincèrement bienveillante de ta famille. Là encore, j’ai un grand secret à vous révéler les mamans et les taties : ça ne sert vraiment à rien de nous dire ça, car voyez vous on le sait déjà. Cette angoisse nous tenaille le bide, et c’est ce qui rend chaque échec sentimental pire encore avec l’âge. Donc pas la peine de triturer le couteau dans la plaie déjà bien arrosée au sel par Mr Connard, on essaie au contraire d’oublier cette foutue épée de Damoclès prête à nous trancher la tête à tout moment.

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13-  « T’as pas faim ? Tu manges pas ? T’es sure que t’as pas faim ? C’est pas bon de rien manger hein ? »

Non, vraiment, on n’a pas faim. Faut arrêter maintenant. On finira bien par remanger (genre du Nutella dans 1 semaine), promis, mais en attendant laissez nous digérer notre douleur, c’est déjà bien assez conséquent à avaler.

 

13 bis – Et sa variante : « arrête de bouffer, ça le fera pas revenir hein, au contraire »

Oui, mais j’ai besoin que des choses entrent en moi vois tu, puisque lui ne le fais plus. La bouffe, au moins, ne me déçoit pas. ET je sais exactement QUAND elle va repartir. (Pardon. Sale…).

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13 ter-   « L’alcool ne résout rien, te laisse pas aller. »

Wait wait wait : Donc j’ai droit ni aux Granolas, ni de chialer, ni au Malibu-Passoa-Coca-rhum-pomme ? Déjà que j’ai plus droit au sexe, je fais quoi moi ? IL ME RESTE QUOIIIIII ????

(ceci dit, merci aux amis bienveillants qui me surveillent dans ces moments là, car en effet l’alcool ne résout rien, même s’il fait du bien sur le moment).

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14- « ça aurait pu être pire : il aurait pu te tromper ! »

Ah oui super, il ne m’a QUE quitté.

Oui oh en fait tu sais, qu’on te largue pour une autre (non pardon, pour une POIUFIAAAASSE PUTE PUTE SALOPE  PUTE TRUIE  SALOOOPE – pardon ça fait du bien) ou pour « rien », c’est pareil hein ; l’autre vous manque et tout est dépeuplé ; surtout ton lit et ton café le matin…

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15-    « Viens, j’ai un ami à te présenter ! C’est comme le cheval, faut vite se remettre en selle ! »

NAAAAAN.

Mauvaise idée. Vraiment.

Je dis pas qu’un petit coup d’un soir ne fera pas du bien, mais dans 99% des cas, à ce moment précis où notre cœur est en miette :

  • On a juste envie que Prince Charmant et sa licorne débarquent pour nous sauver
  • Et à chaque fois, c’est Charognard, Hyène ou Vautour qui rapplique, par l’odeur du sang de la biche à terre attirés. C’est mathématique.

Quant à tes potes, ça part d’un bon sentiment, mais la plupart du temps, le rencard va ressembler à ça :

Et dans le cas où le mec serait vraiment un mec bien, quand on n’a pas fait le deuil d’une relation, on prend le risque de mettre toute cette souffrance sur le dos d’une personne qui n’a absolument rien demandé. Ne faisons jamais payer a Paul ce que Pierre nous a fait. Sinon c’est un cercle sans fin.

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Et la liste n’étant pas exhaustive, une pensée pour toutes les autres phrases que l’on entendra aussi 28764 fois après une rupture :

  • « ce n’était pas le bon, c’est tout ! »
  • « ça aurait pu être pire, vous auriez pu faire des enfants… »
  • « c’est un mal pour un bien »
  • « arrête de pleurer, ça ne sert à rien »
  • et bla et bla et BLAAAAAAAA

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Et puisque malgré toute la LOLance et l’aigreur pleine de mauvaise foi qui me sied si bien, j’aime cependant toujours finir par une note plus sérieuse et positive, j’aimerais terminer cet article par de vrais bons conseils, et des phrases qui m’ont personnellement fait du bien après une rupture. Cela n’a pas valeur universelle, je parle pour mon cas, mais sachez que si vous avez autour de vous une ou un pote au fond du seau à cause d’un cœur brisé, votre amitié est d’une préciosité irremplaçable.

« Tu es une belle personne »

Même si votre pote ne semble pas réceptive, au lieu de lui faire la morale, rabâchez-lui sans cesse ce qu’elle a de bien. Non, ce qu’elle d’extraordinaire et qui fait qu’elle est une personne incroyable. Qu’elle est belle, drôle, intelligente, qu’elle joue du ukulélé comme personne, qu’elle chante divinement bien, qu’elle est la seule que vous connaissez qui arrive à toucher son coude avec langue, qu’elle parle à l’oreille des chats angoras et qu’il n’y a que 6 personnes au monde qui savent faire ça, qu’elle connait Kant mieux que quiconque, bref, tout ce qui en fait un être unique. Sur le moment, elle ne saura que vous dire « c’est faux, sinon il/elle ne m’aurait pas quitté ». Mais ça aura une résonance, ça finira par la remonter. Dans son estime, dans son ego.

Parce que oui, l’aigreur et la colère, au final, ça ne résout rien. Mais plutôt que de le dire, en me laissant face au vide, des amis ont tenu après mes dernières ruptures à me rattacher en permanence à tout le positif qu’il ya en moi, et à la vraie et seule façon de remonter la pente : réaliser que notre monde ne s’écroulera jamais totalement car c’est nous qui sommes en son centre.

 

« L’alcool ne résout rien : mais ce soir je vais picoler avec toi ! »

Le chagrin peut conduire à certains excès, pour oublier. Ce n’est pas forcément grave si c’est ponctuel, ne sermonnez pas votre pote, mais veillez le/la tout de même comme le lait sur feu, et au pire, proposez lui une bonne grosse sortie pour extérioriser sa peine à grands coups de shooters, mais avec vous. Bien entourée. Qu’il/elle ne dérive pas.

 

« Viens dans mes bras et pleure »

Souvent, il n’y a pas grand-chose à faire, et le meilleur remède que vous puissiez apporter en tant qu’ami à un(e) pote qui souffre d’une rupture, c’est la/le laisser pleurer sans rien dire et la/le serrer très fort dans vos bras. Il n’y a rien de pire, quand on souffre, que de faire semblant, se retenir en société car on ne veut pas saouler notre entourage, alors quand on se retrouve seul le soir on lâche tout. Et les larmes sont comme des lames de couteau. Dans ces moments là, avoir quelqu’un qui ne nous juge pas, et qui comprime contre le sien ce corps qui d’un coup nous fait si mal, c’est juste précieux.

 

« C’était un mec/une nana chouette, je comprends que tu sois triste »

Insulter le mec que l’on pleure, ce n’est pas forcément la solution. Parce que voyez-vous, un homme peut nous quitter sans être un connard. C’est juste la vie. Ça fait mal, c’est injuste, mais ne plus aimer quelqu’un ne fait pas de nous une ordure. On fera tous un jour mal à quelqu’un, probablement. Le réflexe d’une personne quittée sera souvent de défendre l’ex insulté. Parce que la seule chose qu’il nous reste, ce sont les bons souvenirs, et la certitude qu’à un moment donné on a été aimé. Ne salissez jamais ça…

 

Ou au contraire : « ce qu’il a fait est odieux, tu n’as rien à te reprocher »

Dans le cas où l’ex a vraiment été salaud, ne minimisez pas, ne faites pas la morale, ne dites pas à votre pote « je te l’avais bien dit » ou autres conneries du genre. Soyez juste avec elle. Faites lui comprendre que vous comprenez sa peine et que rien n’est a faute, que ce qu’il/elle a fait n’est pas normal et que votre pote a des raisons légitimes d’être triste. Aidez-la à ne pas se remettre en question.

 

« Tu ne vas pas bien, tu ne peux pas surmonter ça seul(e) »

Une rupture sentimentale peut être un cap vraiment très dur à passer, et dans certaines situations la personne qui souffre a réellement besoin d’aide. N’hésitez pas à conseiller à votre pote de voir un spécialiste, conseillez la, dites-lui que ce n’est pas dégradant de se faire accompagner, et accepter que malgré tout l’amour du monde vous n’arriverez pas, en tant qu’amie, à lui apporter toute l’aide dont elle/il a besoin. Même si une peine de cœur peut vous paraître à vous dérisoire, un chagrin peut vite devenir dépression, et dans ce cas vous serez le pilier nécessaire pour faire prendre conscience à la personne qu’elle doit se faire aider.

Moi, je ne l’ai jamais fait. Mais avec du recul, ça aurait parfois été utile. Et chez certaines personnes, une rupture peut réveiller des choses plus profondes

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Dans tous les cas, face à une personne qui souffre de s’être fait quitter, il s’agit avant tout de la comprendre et de reconnaître que sa peine est légitime.

Toute rupture sentimentale est un moment très dur à passer. C’est un monde qui s’écroule, l’impression de tout avoir à recommencer, tel Sisyphe et son rocher. Un sentiment d’immense épuisement à l’idée d’affronter seul un univers ou tout sera à reconstruire ; la pire des choses que l’on puisse faire, face à une personne au cœur brisé, c’est minimiser cette douleur, sous prétexte qu’il y a plus grave dans la vie.

Il faut la reconnaître, et aider à la surmonter. Car oui, en soi, une rupture ce n’est pas la fin « du » monde, mais sur le moment c’est la fin « d’un » monde pour la personne qui souffre. On ne relativise nos ruptures que plus tard, et l’on sait bien d’ailleurs que l’on va toujours finir par plus ou moins s’en remettre. Mais sur le moment c’est dur, et la simple reconnaissance de cet état de fait est la meilleure chose à apporter à un ami. Puis la faire rire, lui changer les idées, lui faire comprendre sans lui dire que ce n’est au final pas si grave que ça.

J’ai vécu des ruptures sentimentales très dures, qui m’ont mise au fond du seau ; je m’en suis toujours remise, on s’en remet toujours. Mais j’en garde encore les plaies dans chaque centimètre carré de ma peau, et je ne pense pas cela nous rende plus fort : je pense au contraire que cela nous rend de moins en moins apte à aimer sereinement. Mais je continue de prendre la vie comme elle vient, et les hommes avec. Je les aime un par un, en essayant de faire abstraction de ceux qui les ont précédés.

Si vous vivez actuellement une rupture difficile, courage mes potiches, je vous promets qu’avec le temps ça ira mieux. Ne restez pas seul(e), même si vous en avez ras le bol de ces phrases à la con que l’on peut vous sortir toutes les deux minutes… Saississez les mains tendues.

J’ai connu, comme tout le monde, des amies tordues de chagrin quand leur amour est parti, des moments où la douleur est si vive qu’en tant qu’amie ça vous déchire le bide de vous sentir impuissants en assistant à ça. Car si l’on se sent obligés de sortir ces phrases à la con, au final, c’est probablement parcequ’on n’arrive pas à supporter de voir quelqu’un qu’on aime souffrir sans rien pouvoir y faire. Et l’expérience a fini par m’inculquer ce dernier et précieux conseil : vous n’êtes jamais impuissants si vous êtes là. Donnez du temps, envoyez tous les jours un message à la personne pour s’assurer qu’elle va bien, appelez (même si l’autre au bout d fil n’arrive pas parler, et ne fait que pleurer…même si c’est pour une heure de silence…ou même si au contraire la personne vous semble forte et fait mine de ne pas être affectée, ça ne veut rien dire, je le sais car je suis comme ça…), passez à l’improviste avec des croissants qu’elle ne bouffera pas, donnez chaque jour une preuve que vous êtes là et que la main est saisissable à tout moment. Donnez l’amour que vous avez à donner, sans jugement et sans condition. Il fait du bien.

Une personne malheureuse peut sembler peu réceptive à cela, et d’autres qui réagissent avec froideur aux aléas de la vie fera mine que vous l’emmerdez avec votre sensiblerie. Mais cela lui fera toujours du bien. Ce sera la petite lueur au fond, loin, dans cet épais brouillard où le chagrin nous plonge, en bas de la montagne quand on doit remonter la pierre tout en haut et tout reconstruire. Cet amour sera la preuve qu’un monde ne s’écroule jamais totalement : il y a cette chose immuable, sur laquelle on pourra toujours compter. Nos amis, et nos proches.

 

Merci à ceux qui, à un moment ou un autre de ma vie, même si je montre rarement mes peines, l’ont compris et ont été là, avec leur lampe torche dans le brouillard. Je vous aime. Même avec vos phrases à la con.