Top 10 des chansons qui n’apprennent pas à faire les bébés

Top 10 des chansons françaises évoquant, avec poésie, préliminaires et pratiques sexuelles un peu tabous. (réservé aux lecteurs adultes)…

(Attention : contenu explicite. Réservé à des lecteurs majeurs.)

 

Et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants…mais avant et entre temps, ils s’amusèrent un peu avec le Kâma-Sûtra !

La langue française est réputée pour être celle de la poésie, et les auteurs interprètes francophones rivalisent de métaphores et de subtilité pour chanter l’amour charnel et célébrer les rapports sexuels avec l’être aimé sans jamais être crus ni vulgaires. Même quand il s’agit de s’aventurer dans des pratiques et détails quelques peu tabous.

Avec le sesque, les plaisirs sont variés et c’est tant mieux ! Quand gourmandises buccales, orgasmes « recto verso » ou encore onanisme sont subtilement (ou pas) évoqués en chansons, ça donne un top 10 qui n’expliquera pas « comment on fait les bébés », mais qui donne bien envie de se tromper un peu de méthode !

Top 10 des chansons où « c’est pas de cette façon qu’on fait les enfants hein…(mais c’est pas le but) »

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Les préliminaires buccaux…

Parce qu’un bon apéritif ouvre l’appétit pour savourer le plat principal, non ?

1) Stomy Bugsy, « Mets ta tête dedans » (2000)

Oui, le rappeur Stomy Bugsy (je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaitre…) inaugure ce top avec une ode au…cunnilingus. Alors je ne dirais pas que le texte est classe et poétique, je dirais que l’intention était fort louable, dans un milieu musical jugé à tort machiste.

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2) Lio, « Banana Split » (1979)

Parmi les métaphores filées sur la fellation les plus connues de la chanson française ! Lio a 16 ans quand sort la chanson (sa première !!!), mais suffisamment de caractère pour se défendre quand les journalistes à l’époque la taquinent sur le thème du titre. Moins naïve que France Gall 10 ans plus tôt.

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3) France Gall, « les sucettes à l’anis » (1966)

La légende dit que Michel Berger, à l’époque, en voulut beaucoup à Gainsbourg d’avoir fait chanter cette chanson clairement explicite à France Gall qui, fraîche et innocente, n’en comprit pas le double sens (étonnant, elle était bien la seule à ne pas comprendre…)

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4) Saez, « sexe » (2002)

On s’éloigne de l’évocation subtile avec cette chanson de Damien Saez où il incite sa partenaire à « descendre à la cave » pour le dire poliment. « Mets ta langue où tu sais », ça marche aussi pour les nanas au final d’ailleurs… Pas ma préférée, je préfère la suggestion.

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La « face B »

Car comme le disait si bien ma copine-de-cheveux Mylène Farmer : « le nec plus ultra dans ce paysage, c’est d’aimer des deux côtés ! ». Thème peu abordé dans les chansons d’amour, les rapports anaux restent un peu tabous mais peuvent pourtant être évoqués avec romantisme et sensualité.

5) Serge Gainsbourg et Jane Birkin, « La décadanse » (1971) et « Je t’aime moi non plus » (1969)

Bon, on pourrait faire un top 40 des chansons sur le sexe non « procréateur » rien qu’avec la discographie de Gainsbourg, mais les 2 les plus connues évoquant le plaisir procuré par la pénétration anale sont bien évidemment celles ci. Ce que j’aime avec Gainsbare c’est que c’est toujours avec subtilité et élégance, sensualité voire poésie, qu’il parle de sujets très crus. Même sa chanson la plus sexe « Love On the Beat » reste classe, avec une Bambou qui pourtant gémit (hurle) derrière et l’ensemble du Kâma-Sûtra qui passe dans les couplets.

« Je t’aime moi non plus » fit doublement scandale lors de sa sortie en 1967 : primo, car c’est d’abord Brigitte Bardot qui posa sa voix en duo avec Gainsbourg avant Jane deux ans plus tard, son amant à l’époque (elle était mariée à Gunter Sachs, qui fit interdire la diffusion du titre qui ne passera donc qu’une seule fois en radio), et la liaison fit couler beaucoup d’encre, tout comme secondo le thème abordé, puisque le titre est une évocation sensuelle de la sodomie, un thème qui reste un poil tabou tout de même, bien que Bardot fut à l’époque l’incarnation de la femme libérée. Lorsque l’homme à la tête de chou réenregistra en 69 la chanson avec sa nouvelle petite amie Jane Birkin, tout juste âgée de 20 ans, c’est le Vatican qui la qualifia d’obscène et la fit interdire en Italie, suivie de l’Espagne et la Suède, en raison des nombreux râles présents dans le titre…

Petite anecdote : Brian Molko et Asia Argento ont repris ce titre en 2003, en inversant les rôles (les phrases de Jane sont prononcées par Brian Molko et Asia Argento chantent les paroles de Gainsbourg), de façon à donner une autre interprétation de cette chanson (plaisirs buccaux ?).

Pour « La Décadanse », j’y vois bien plus une évocation des amours « recto verso » que la précédente, mais il semblerait que la véritable interprétation du titre soit une ode à l’échangisme. D’après le magazine GQ , « La femme tourne le dos à son partenaire, ce qui permet à l’homme d’exhiber sa femme au regard de l’autre tout en regardant discrètement si il n’y a pas mieux ailleurs ».

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6) Lorie, « Où tu n’oses pas… » (2008)

Non, vous ne rêvez pas, Lorie a bel et bien enregistré une chanson sur ce thème un peu touchy… De là à penser que « je préfère rester toute seule » est un éloge de la masturbation, il n’y a qu’un pas…

Extrait de ce titre sorti en 2008 :

« Tu vois… ah…
Celle que je suis,
Tout bas… ah…
L’autre côté de moi… moi,
S’éveille en silence…
Je t’emmène où tu n’oses pas,
Fièvre intense au bout des doigts
J’aiguise mes instincts pour toi, Basiques ! »

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7) Mylène Farmer, « Pourvu qu’elles soient douces » (1988)

Forcément, on ne peut parler des chansons qui rendent hommage à nos jolies fesses sans citer Mylène et MA chanson préférée parmi son répertoire. Coquine la rouquine, on doit avoir ça dans le sang hihihi…

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8) Renaud, « Je m’appelle Galilée » (2006)

Quand sort en 2006 son album Rouge sang, Renaud est fou amoureux de sa compagne, Romane Serda, et il écrit cette chanson dans laquelle il explore toutes les parties de son corps, même celles plus inavouables. Je trouve le résultat très touchant. Quand Renaud chante l’amour, on est pour moi entre Gainsbourg et Brassens, version « loubard » comme il aimait si bien se qualifier à l’époque.

« Illuminant mes nuits, pareille à la Grande Ourse
Ton cul est une étoile et je suis son berger
Et c’est là que bientôt s’achèvera la course
De ma sonde voyageuse à deux doigts d’exploser »

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Le « c’est mieux tout(e ) seul(e) »

Le plaisir peut aussi se prendre en solitaire, et la pratique de l’onanisme a elle aussi toute sa place dans la chanson française, avec plus ou moins de classe et de subtilité.

9) Alain Bashung, « Madame Rêve » (1991)

L’une de mes chansons françaises préférées. Le co-auteur de la chanson (Pierre Grillet) dément, pourtant les paroles ont toujours été claires pour moi. En déclinant les songes d’une femme sur un rythme langoureux et d’une voix presque mystérieuse, Bashung est pour moi celui qui a évoqué de la façon la plus classe et poétique la masturbation féminine. A vous de juger, mais pour les journalistes à l’époque le thème « onaniste » de la chanson ne fit aucun doute.

« Madame rêve d’atomiseurs
Et de cylindres si longs
Qu’ils sont les seuls
Qui la remplissent de bonheur
Madame rêve d’artifices
De formes oblongues
Et de totems qui la punissent »

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10) Ophélie Winter, « Tout le monde le fait » (2002)

Dieu lui a donné la foi…et des pitits doigts pour se faire plaisir toute seule, et comme elle le dit, pourquoi s’en cacher hein puisque tout le monde le fait ! Bon, c’est pas du Brassens, mais c’est rigolo quand même !

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11) Bonus : Doc Gynéco, Vanessa (1996)

Le petit bonus de ce top est signé Doc Gynéco, le rappeur en mode deux-de-tension de ma préadolescence, qui aurait pu être un poil plus classe à mon sens pour déclarer sa flamme à Vanessa Paradis. Mais bon, à l’époque je ne comprenais pas vraiment le sens de la chanson (à priori, quand il rêve de Vanessa, « même les draps s’en souviennent »).

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Bref, la richesse de la langue française permet de rendre tous les sujets poétiques, et quand il est question d’amour, la chanson fait tomber certains tabous avec classe et élégance. Nous aurions pu encore citer Brassens ou Pierre Perret, la liste est longue : n’hésitez pas à la compléter en commentaire 🙂