J’ai toujours rêvé de…rêver! (Part.2)

 « Je rêveuh d’un mondeuh où les humains seraient gentils avec les animaux et où il n’y aurait plus de guerreuh ni de méchanceuhté »

Delphina, candidate à Miss France 2014 (qui a malheureusement été doublée par Sandy, qui elle n’a pas oublié d’ajouter qu’elle réveuh « d’un mondeuh où il n’y aurait plus de souffranceuh »).

 

 

Le mot du jour est : « Le Rêve ! »

Vous avez 12 minutes…

Voilà qui me rappelle mes cours de Culture G à Sciences-Po. Chaque semaine, deux personnes devaient passer à l’oral pendant une dizaine de minutes, pour parler devant toute la classe autour d’un mot imposé. On ne connaissait bien évidemment pas le mot à l’avance, et on avait juste une demi-heure pour préparer son discours dans une petite salle à côté. C’était de loin le cours qui me faisait le plus angoisser…mais un excellent exercice au final.

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Le mot sur lequel je suis tombée fut : « La transparence ». Je me souviens que le prof, qui aimait bien nous pousser dans nos retranchements, et notamment faire sortir de leurs gonds les grands timides comme moi (si si, je suis une grande timide…), m’avait fait piquer un fard, quand après 10 minutes d’oraison très policée et bien pensante, il m’a sortie : « vos exemples sont emmerdants mad’moizelle. Pourquoi ne parlez-vous pas par exemple des sous-vêtements féminins mi-transparents qui, en suggérant les parties intimes, sont bien plus excitants qu’une femme nue en elle-même ??? ».

La Potiche aurait voulu se faire toute petite (encore plus qu’elle ne l’est déjà) et se cacher dans ses boots, puisqu’à l’époque elle ne portait pas encore d’escarpins.

 

« Le rêve »…12 minutes pour donner sa vision autour de ce mot qui en dit tellement et si peu à la fois…

 

L’exercice est difficile, mais a été brillamment relevé le 30 novembre dernier par 12 speakers à l’occasion du TEDxBordeaux. Tu t’en souviens, je t’en avais parlé ICI, et je t’avais forcé à t’abonner au Papotweet pour suivre en direct live toutes les interventions.

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Photo: Fabienne Félix

Je ne vais donc pas te réexpliquer en détails ce qu’est le TEDxBordeaux, juste te rappeler le principe fondamental du format TED : 18 minutes maximum pour des conférences qui, contrairement à mes oraux de culture G, sont soigneusement préparées, des démonstrations et des spectacles sur un sujet donné pour favoriser l’apprentissage, l’inspiration et l’émerveillement, mais surtout provoquer la discussion entre participants, speakers, que ce soit sur place, sur le net, dans les lieux relais, et partout dans le monde.

J’ai eu le plaisir de participer à cette expérience toute particulière en compagnie de mes ami( e )s blogueuses et blogueurs, depuis le théâtre Fémina où se sont succédés sur une scène teintée de rouge et de noir (les couleurs du TEDx) des intervenants d’horizons différents, unis pour un temps par le fil rouge de l’attrape rêve. Ce fut la 3ème édition bordelaise, organisée par Isabel Monville et Hélène Desliens qui portent la licence TEDxBordeaux dans le cadre de l’association AQUINUM, et qui n’auraient pu se faire sans la formidable synergie d’une quarantaine de bénévoles qui donnent de leurs temps, énergie et compétences depuis des mois pour rendre l’événement possible.

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12 speakers, tous très différents, se sont ainsi relayés sur scène pour nous donner leur vision du rêve. J’ai envie de t’en parler ; j’aurai voulu que tu sois dans la salle avec moi. L’objectif n’était pas uniquement d’écouter un à un les discours des intervenants, tranquillement assis dans son fauteuil puis de ressortir en se disant « j’ai passé un bon moment, allez zouh au lit maintenant », mais de créer une véritable réflexion pour que justement ce TEDx soit le début de quelque chose et non une fin en soi. C’est pourquoi je ne vais pas te résumer points par points le contenu de chaque discours (tu peux aller voir les vidéos en streaming si tu veux!), mais te dire ce qu’il s’est passé ce 30 novembre au Fémina. Ce que j’ai ressenti. Quelles émotions nous avons partagées…

 

Au TEDxBordeaux 2013 :

 

J’ai cogité…

Quand Eric Cattelain, fondateur de la plateforme « Pantopie.org » et créateur de l’idéographie Unidéo, nous a rappelé que sans communication, la transmission des savoirs est impossible. Comprendre l’autre, c’est l’opportunité de se nourrir de sa culture. L’interculturalité est alors partage, et enrichissement. Son rêve à lui, c’est assister à une forme de « renaissance » susceptible de transformer nos manières de communiquer et signifier, dans une meilleure connaissance et reconnaissance mutuelle.

Ça m’a rappelé l’histoire de la Tour de Babel : aucun grand projet n’est possible si les hommes ne se comprennent pas entre eux. Ça passe par le langage, et bien plus encore.

 

J’ai été émue…

Quand Pierre Kalaijian nous a raconté son histoire. Sobrement, sur sa chaise, dans la quasi pénombre. Sans pathos, avec humour, pudeur mais une profonde sincérité. L’histoire d’un homme qui ne sait pas vraiment quand il est né. D’un petit garçon adopté qui a rêvé d’une vie meilleure. D’un adolescent dont les rêves de parents adoptifs trop exigeants ont été trop lourds à assumer. Et qui auraient pu briser les siens. Il nous a dit cette phrase très juste : « les rêves des parents prennent parfois trop de place pour permettre ceux des enfants ». Puis il nous a présenté l’homme qui a réussi. Brillamment diplômé, son rêve s’est réalisé. J’ai été particulièrement touchée par la façon dont, face à nous, il s’est mis à nu. C’était un moment incroyable, comme si le temps était d’un coup suspendu à ses lèvres. Et une larme est montée jusqu’a mes yeux.

 

J’ai reconsidéré mes perspectives matérialistes… (faut dire que je pars de loin !!!)

Quand Marie Papot-Libéral nous a parlé de son mode de vie : « le nomadisme urbain ». Pour elle, une nouvelle façon de s’adapter à un monde en perpétuelle évolution. Ce concept, elle l’a expérimenté par obligation quand elle était toute petite. Elle en a fait une force. Contrainte de quitter à maintes reprises son lieu de vie, elle en tiré une vraie philiosophie ; Au grès de ses pérégrinations, sa rencontre avec l’Afrique fut la révélation de sa vie.

Elle nous a alors demandé : « si demain, vous deviez partir de chez vous, et n’emporter qu’un seul carton avec vous, que mettriez-vous dedans ? » Pour moi, ce serait bien compliqué (la clé d’un entrepôt où je stockerais toutes mes fringues peut-être ?). L’essentiel pour elle tient en une toute petite boite : la richesse, c’est « l’ailleurs » qui nous l’apporte à chaque nouveau départ. Femme engagée, elle nous raconte alors que ce sont bien souvent les gens qui possèdent le moins qui sont le plus généreux.

 

J’ai admiré…

René Breton, aveugle de naissance, brillant orateur et doté d’un très grand sens de l’humour. Pour lui, le handicap ne doit pas être un frein à nos rêves. Son dynamisme, sa motivation et sa persévérance l’on mené à occuper aujourd’hui des fonctions qui forcent le respect. Egalement brillant musicien, en 2011 il représente la France au Festival de Musique à Varsovie, en 2012 il est promu dans l’Ordre National de la Légion d’Honneur. Son rêve ? Un monde où le handicap ne serait pas synonyme de dépendance. Il a créé une sorte de « GPS » pour permettre aux mal-voyants et non-voyants de se déplacer dans un monde qui n’est encore pas adapté à leur situation. Et il nous rappelle que rendre ce monde accessible à tous doit être un rêve porté par chacun d’entre nous, pas seulement par ceux qui en expriment le besoin. Aveugle Monsieur Breton ? Pourtant ce jour là il m’a fait ouvrir les yeux.

 

J’ai été fière…

Que Catherine Barba  intervienne avec brio sur le thème du numérique. Trop souvent ce secteur met en avant les réussites masculines. Les femmes du web sont pourtant nombreuses, et Catherine Barba est une véritable pionnière ! Fondatrice d’OMD Interactive, directrice d’Ifrance, créatrice de Cashstore, son destin numérique à la française m’a fait rêver. C’est aussi une nana terriblement positive : entreprendre, ça demande énormément d’énergie. Mais ça en donne encore plus !

 

J’ai été connectée…

Avec les autres, quand Pierre Chavot a demandé à ce que l’on coupe les lumières, afin que tous ensemble, en même temps, nous faisions un rêve…

Avec mes premiers rêves, quand Catherine Barba nous a fait fermer les yeux pour repenser à l’adulte que nous rêvions de devenir quand nous étions enfants. Bon, pour moi c’était un peu particulier…

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J’ai été en colère…puis pleine d’amour!

Quand, dans une retransmission vidéo, Eman Nafjan m’a rappelée que le droit des femmes n’est pas le même dans tous les pays. J’ai été en colère, mais encore plus admirative face à la volonté incroyable de cette militante qui a bravé l’interdiction de conduire en Arabie Saoudite, et qui en plus est d’un positivisme incroyable. Conspuée par beaucoup dans son propre pays, érigée en héroïne en dehors, elle affirme que –malgré l’ambivalence de ce double statut- son combat c’est pour son pays qu’elle le mène ; Elle aime l’Arabie Saoudite, et c’est pour l’avenir de sa nation qu’elle se bat, non pas contre elle. Elle aurait pu retirer de l’amertume et de la haine des réactions violentes auxquelles elle a du faire face. Mais elle est là, face à nous, souriante, drôle, confiante : elle m’a remplie d’amour et d’espoir. Pour elle, une société ne peut se prétendre libre si les femmes ne le sont pas. Et avance sans peur face aux attaques très violentes qui en auraient fait reculer plus d’une : « Se moquer de son oppresseur, c’est lui retirer son arme principale : la peur ! ».

 

J’ai eu envie de m’engager…

Quand Christophe Adam, médecin militant, nous a rappelé que trop nombreux sont ceux qui sont capable de dire « non » face à quelqu’un qui souffre. Son rêve, c’est celui d’un monde plus juste. Où l’accès aux soins serait possible pour tous. « La sécu, ça c’était un beau rêve » nous dit-il. On a un peu ri. Dis comme ça, c’était drôle. Mais pourtant oui, ce système qui nous paraît normal aujourd’hui était bel et bien un rêve au départ. Et il nous rappelle qu’ailleurs dans le monde, et même au sein de notre propre pays, où SDF et Roms sont marginalisés, tous n’ont pas cette chance, ce droit à la santé.

 

J’ai vibré…

Quand le groupe « A Call at Nausica » est monté sur scène pour jouer un morceau. Son nom est un appel à l’abandon. Leur musique, au laisser-aller.  J’ai lâché prise et j’ai swingué avec mes voisines de fauteuil…

 

J’ai été bluffée…

Par Garlo, l’homme qui fait murmurer le vent à l’oreille des guitares… Alors lui, c’est carrément un ouf ! Un jour, il s’est levé, et il s’est dit « tiens, si je mettais 54 guitares en haut de la Dune du Pilat et que j’écoutais ce que ça rend ? ». Non mais vraiment ! Garlo est musicien, compositeur, mais surtout créateur d’œuvres plastiques acoustiques. Son rêve : la recherche d’un nouveau son, universel. « Vents de guitare », c’est une mélodie jouée par le vent. Quand il nous a raconté son aventure, je me suis dis que j’aurai adoré être à sa place au moment où les cordes ont commencé à vibrer au frissonnement de l’air. C’est comme si d’un coup, il avait donné la parole au Bassin d’Arcachon, une voix à la nature. J’ai trouvé le concept génial ! Allez Monsieur, rêve encore s’il te plait !!!!

 

J’ai compris ce qu’était le bonheur…

Grace au témoignage d’une jeune Ukrainienne, qui a émigré aux USA après la catastrophe de Tchernobyl. De son enfance, elle nous a livré des souvenirs plein de tendresse et d’humour, alors qu’elle n’avait rien. Elle arrive à nous faire rire sur un sujet aussi sensible que celui des sans abris : « une fois adulte, j’ai voulu loué une chambre là où j’avais passé mes jeunes années avec ma mère et mes frères et sœurs, pour renouer avec ces bons souvenirs. La personne à l’accueil de la résidence m’a regardée comme si j’étais folle : on ne peut pas louer de chambre dans un foyer pour sans-abris… ». Riche de sa famille, elle ne s’en était pas rendu compte. Son rêve à elle, c’était d’être milliardaire. Elle nous dit alors que quand elle se retrouve dans le parc, à promener ce chien qu’elle a sauvé des combats de rue, aux cotés de son mari qui a longtemps vécu sans toit lui aussi, qu’elle ne manque de rien et qu’elle est simplement heureuse, elle sait que son rêve s’est réalisé : le bonheur est la plus grande des richesses.

 

J’ai ri…

Quand Benjamin Rosoor a conclu les conférences avec humour. Il fait le point sur chaque intervention de manière décalée, même sur les thèmes les plus durs, avec un talent qui m’a fait rêver…

 

 

Mais après alors ? Il s’est passé quoi ?

Bah oui, l’objectif de tout ça, c’est de ne pas nous laisser le monde dans le même état que dans lequel on l’appréhendait au départ. Alors, ce débat, il a eu lieu ?

Carrément! Après les conférences, nous nous sommes tous retrouvés dans les Salons de l’Hôtel de Ville pour un buffet incroyable, scénographié par la très talentueuse « Fleur de Mars » et les gourmandises de Kathy Kolibry.

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Nous avions tous envie de partager nos ressentis, de faire connaissance avec les gens qu’on ne connaissait pas. Tout simplement, de se connecter aux autres. Si tu savais comme on était bien…

Le TEDx, à petite ou grande échelle, a pour but de faire évoluer nos perspectives, passer du débat à l’action pour au final changer le monde à petits pas. C’est encore un peu tôt pour déterminer ce que ce TEDx provoquera, et puis ne crois pas que dès le lendemain de ce type de débats la révolution aura lieu, mais je peux toutefois te confier, mon lecteur bien aimé, qu’à petite échelle, à savoir la mienne, mon monde était déjà en train de changer. Et si chacun revoit sa propre vision des choses, alors oui un changement à plus grande échelle est possible.

En sortant, j’ai été convaincue d’une chose : je me laisse trop freiner par des gens négatifs, ou bien qui s’emploient à me maintenir la tête sous l’eau. Je prête trop d’importance et gaspille trop d’énergie avec ceux qui cherchent à me nuire, occultant presque ceux qui pourraient me rendre meilleur. Et moi-même, je ne donne peut-être pas assez. Je cherche probablement  trop à recevoir, et oublie parfois que la gentillesse ne doit pas attendre de retour. Ça peut te paraître cul-cul, niais, mais pourtant cette prise de conscience change tout dans l’attitude que j’adopterai à l’avenir. Qui m’empêche de réaliser mes rêves ? Moi-même, avant tout. En prêtant trop d’importance aux briseurs d’espoir, et pas assez à ceux qui le méritent.

J’ai repensé à ce que Catherine Barba nous a dit : « ne laissez jamais les autres venir à vous sans leur permettre de repartir meilleur ».

Je garde toutefois à l’esprit qu’un rêve peut ne pas se concrétiser. Et que cela n’est pas grave.
Pierre Chavot, un speaker plein de philosophie, nous a rassurés : lorsqu’un rêve ne se réalise pas, il est remplacé par un autre. Et c’est encore heureux, la vie serait tellement frustrante sinon. Et puis changer de rêves, c’est aussi grandir, se tromper, évoluer.

 

Pour moi, le pari du TEDxBordeaux est donc réussi : demain, je me lèverai toute autre.

Il y’a toutefois une facette du rêve qui n’a pas été évoquée par les speakers, mais qui a nourri nos débats après les conférences : avons-nous vraiment intérêt à voir tous les rêves se réaliser ?

C’est vrai, nous avons passé l’après-midi à parler d’espoirs, de nobles projets,  de belles causes. La nuit, le rêve fait parler notre inconscient,  et le jour, il est révélateur de nos envies et personnalités.  Il faut donc partir du postulat que nous sommes tous bons et bien intentionnés pour imaginer un monde où tous les rêves seraient possibles comme un monde meilleur. Les rêves des uns peuvent ainsi être les cauchemars des autres, et c’est peut être pour cela que dans la littérature, rares sont les utopies qui ne tournent pas mal… Nous avons également abordé l’exemple du communisme : l’idée de départ, le partage équitable des richesses, est noble, mais a pourtant mené de nombreux pays au fascisme. Le rêve est porté par l’homme, avec ses failles, ses défauts, et ses côtés les plus sombres. Rousseau l’a dit bien avant : « il faudrait être un peuple de dieux pour mettre en place une réelle et belle démocratie ».

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J’ai regardé autour de moi et je me suis dis que les gens qui m’entouraient devaient probablement avoir des rêves qui me ressemblent, je n’ai donc rien à craindre d’eux, mais par exemple, je ne suis pas sure que le monde auquel rêve les « anti mariage pour tous » (un monde où un enfant ne serait élevé que par un papa et une maman et où l’homosexualité serait pointée du doigt) soit compatible avec le mien. Je me dis aussi qu’un rêve n’est pas forcément bon : à quoi rêve une personne xénophobe ? Les rêves de mes compatriotes myrosines méritent-ils d’être encouragés ? Et à partir de là, où place t’on le curseur ? Qui juge de la légitimité d’un rêve ?

Le débat reste ouvert…pour le moment, je préfère m’attacher aux rêves porteurs des plus beaux idéaux.

 

Ce qui est ambivalent avec le rêve, c’est qu’il est à la fois une fin et un commencement. Lorsque l’on se réveille de ceux que l’on fait la nuit, ils n’existent plus. Il n’en reste rien. La réalité reprend son cours. Mais ceux que l’on fait le jour sont porteurs d’espoir, de renouveau.
Ambivalents aussi car ils s’opposent au réel aussi bien qu’ils le créent.

« Tu rêves Papotiche, redescends sur terre » me dit-on souvent.

Comme si de rêver m’empêchait d’affronter la réalité. Pourtant, les rêves d’aujourd’hui sont la réalité de demain. Ma grand-mère a rêvé d’un monde où les hommes et les femmes seraient un peu plus égaux. Je le vis aujourd’hui. Si du fond de sa cellule Nelson Mandela n’avait pas rêvé de la fin de l’Apartheid, l’histoire de l’Afrique du Sud aurait été autre. Les rêves d’Eman Nafjan, je l’espère, seront peut-être la société égalitaire des femmes saoudiennes dans quelques années.

« Nos rêves sont tissés de la même étoffe que la réalité » nous a rappelé Eric Cattelain.

Rêver, je veux le croire, c’est bâtir.

Tiens, ça me ramène là encore à mes années d’étudiante (tu as remarqué, j’aime bien conclure par là où j’ai commencé…ça s’appelle une « épanadiplose »).  Je me rappelle de ce jour où, sur ma petite table d’examen, au concours d’entrée à Sciences-Po, je me suis prise à rêver : petite provinciale, boursière, pas forcément promise à une grande carrière, au moment où l’on a déposé le sujet sur ma table, je me suis mise à rêver de ce que serait ma vie si j’intégrais une grande école où les enfants d’ouvriers et d’employés non qualifiés ne représentent encore que 5% à peine des effectifs. J’ai retourné la feuille et j’ai lu le sujet : « les révolutions ont-elles un avenir ? ». Ce jour là, les rêveurs du passé ont guidé ma plume : tous comme les rêves, les révolutions n’ont pas un avenir : ils sont l’avenir ! Toujours nées d’un rêve, celui du changement.

Les rêves ont-ils un avenir?

« Tout le monde savait que c’était impossible à faire. Puis un jour, quelqu’un est arrivé, qui ne le savait pas. Et il l’a fait !» a dit Churchill. Oui. Rêver, c’est changer le monde par la seule force d’y croire. Et rêver collectif, que ce soit dans une association, un projet professionnel ou à l’aube d’une révolution, c’est reprendre le contrôle de notre avenir.

Alors si durant ce TEDx nous avons été si nombreux à rêver, ça veut dire que déjà le monde a changé ?

« Tu rêves Papotiche, redescends sur Terre ».

Oui je rêve, carrément que je rêve. Et j’espère bien que toi aussi !

 

 

Bravo et merci à toute l’équipe du TEDxBordeaux pour cette aventure incroyable.

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Retrouve les photos du TEDx dans le Cabinet de Curiosités de Fabienne, ainsi que les impression d’Emélie dans son blog Culturiosity.