Je n’aurais pas assez de 9 vies pour vous aimer : ôde aux chats

“La mélancolie, c’est un chat perdu, qu’on croit retrouvé.”

Léo Ferré

 

Au départ, je voulais vous inviter à lire l’article d’une amie blogueuse qui a partagé, avec des mots touchants et profonds, sa peine d’avoir récemment perdu son chat. Et puis de fil en aiguille, même si je me suis souvent exprimée sur ce sujet, j’ai réalisé que cette envie de partage venait du fait que je ne vous avais pas tout dit sur ce sujet qui m’est cher. Il me restait des mots à poser. Peut-être les plus simples et les plus essentiels.

 

Pour une fois (je le regretterai peut-être ^^), je vais partager avec vous un morceau de ma vraie vie. Sans fard. Sans humour. Sans me reposer sur l’expérience des autres pour m’adresser à vous, ou sur des études en tous genres.

Juste moi.

Pas tragique hein, détendons-nous. Car il m’est évidemment arrivé bien pire que de perdre un greffier dans la vie. Et il y a malheureusement bien pire dans la vie… La mienne fut plutôt douce quand je prends du recul.

Mais pour fréquenter de nombreuses personnes qui ont elles-aussi ressenti cette peine immense le jour où leur petit compagnon est parti, je pense que ce que l’on croit anecdotique ne l’est pas tant que ça.

 

Ce n’est pas « Papotiche » qui tiendra donc la plume pour cet article. C’est Anne.

Pardonnez-lui d’avance son manque d’humour, c’est une vieille fille qui vit dans une vieille maison avec deux chats neurasthéniques, ça aide pas…

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ça, c’est Anne… et Bettie-Mouch’, elles ont en commun de grooos yeux

Les chats ont toujours fait partie de ma vie. Depuis que je suis petite, j’ai rarement vécu sans (la seule année où j’ai vécu sans chat, j’ai choppé… la maladie du chat, alias la toxoplasmose, c’est vous dire si le ciel m’envoyait des signaux ^^).

Chaque félin qui a partagé ma vie a eu une importance énorme à mes yeux.

Les premiers souvenirs qu’il me reste de l’enfance sont liés à deux chattes qui étaient là quand je suis née : « Zoé », une chatte noire/écailles de tortue, et « Clémentine », une siamoise caractérielle (qui ne nous suivra pas dans notre déménagement, trop attachée à son territoire, mais qui viendra mourir auprès de nous 16 ans plus tard…). Est-ce un hasard : je vis aujourd’hui avec deux chattes, l’une noire et l’autre siamoise…

J’étais minuscule à l’époque, mais je me souviens exactement de l’endroit où l’on a retrouvé ma Zoé écrasée (à côté du portail du garage de la mairie, sur le côté, pour maman qui me lit et qui risque de trouver ça ouf ^^).

(ça c’est moi quand j’y repense ^^)

J’ai grandi en devenant une enfant très introvertie (je le suis toujours) (si si, je vous assure). Pas à cause du chat mort hein, j’étais tout simplement comme ça, c’était mon caractère. Sauvage même. Un peu empotée. Je parlais peu, je doutais de tout, j’étais la bonne élève timide qui avait du mal à se sentir aimée (alors qu’elle l’était) et à trouver sa place à côté d’un petit frère espiègle et sociable qui faisait rire tout le monde.

Mini-Papo, toute sage… ça fait un choc, je sais…

Mes chats étaient mes confidents…

Je me souviens que ma mère me reprochait beaucoup de leur dire en permanence « je t’aime » quand je n’ai jamais été foutue de lui dire à elle avant l’âge adulte (et pourtant je l’aimais ma môman) : j’avais effectivement pour eux un amour inconditionnel, et un lien trouble avec eux, me reconnaissant dans leur caractère sauvage et solitaire. Comme un miroir. Sans que cela ne m’empêche d’aimer l’être humain, ni d’être sensible aux autres.

J’avais des copines, j’étais invitée aux anniversaires et aux boums, je n’étais pas rejetée dans la cours de l’école et je pense même que de la primaire au lycée j’ai toujours fait partie des « bandes où il fallait être » comme on disait, mais au milieu de tout ce monde j’ai toujours été solitaire et je me mettais peu en avant. Et surtout, je ne confiais jamais mes états d’âme. Déjà, j’écrivais beaucoup. Et il y avait mes chats…

Je me souviens comme si c’était hier de chacun de mes petits compagnons et de la souffrance réelle que j’ai ressentie quand ils sont morts (on habitait près d’une route à la campagne, rares sont ceux qui ont malheureusement dépassé les 10 ans 🙁 ) : Gobette, Gribouille, Momo, Kiwi, Yvette, Opaline, et j’en passe.

 

Je me souviens aussi que chaque gros chagrin, vous savez ces chagrins d’enfants qui paraissent dérisoires aux yeux des adultes mais qui sont un monde qui s’écroule quand on est gosses (untel qui ne veut plus être ta copine, untel qui sort avec une autre au collège, une punition après une mauvaise note, etc.), a été apaisé par les ronronnements de ces mêmes compagnons qui n’avaient pas à parler pour me consoler.

 

Je voulais être vétérinaire pour cela. Je ne me voyais pas travailler autrement qu’au contact des chats. Et puis vint le fameux stage de 3ème, que j’ai passé en clinique vétérinaire, qui me fit réaliser que ce ne serait jamais possible : en premier lieu, car j’ai une peur-panique des chiens (et vétérinaire pour chats uniquement, ça n’existe pas ^^), et surtout parce que j’ai assisté à 2 euthanasies et j’ai compris que je n’aurai pas les épaules pour cela. ça m’a fait beaucoup de mal de voir, en particulier, cette vieille dame pleurer toutes les larmes de son corps en serrant fort ce beau chat angora qui « s’endormait » doucement dans ses bras.

 

Ma Mokette adorée…

Je suis devenue (presque) adulte, et alors « Mokette » et « Gobie » ont commencé à partager ma vie de patachon. Gobie était la fille d’ »Yvette »  et de « Maurice-le-communiste » (mes chats ont toujours eu des noms chelous). Mokette était une petite chatte noire et blanche que les parents d’un ami, à défaut d’avoir trouvé à le donner, voulaient noyer. Argument imparable pour que je convainque ma mère de filer en voiture le sauver le jour même de cette fin atroce.

Elles ont tout connu : mon premier appart à moi après la galère de la Cité U, les meubles récupérés dans la rue qui devaient sûrement sentir la pisse de chien et qu’elles griffaient allégrement, mes premiers amoureux qui étaient dégagés manu-militari s’ils avaient le malheur de ne pas leur plaire (non, j’ai pas honte) (et elles n’en ont pas apprécié beaucoup…), les aller-retours en boxs chez maman, les toits de Dijon où je vivais à l’époque et quelques frayeurs quand je devais les récupérer chez la voisine. Les soirées entières à bosser sur Proust et Aragon en khâgnes. Les soirées entières à refaire le monde en leur caressant la tête, avec mes potes pour qui elles devinrent mascottes. Mes rêves de bosser dans la presse plus tard. Ma mère qui gueulait quand elle venait me voir et qu’elle remplissait de force mon frigo, car elle voyait bien que mes chats mangeaient mieux que moi : je me nourrissais de cookies de la marque « pouce » (les coco-nougatines, impossible d’en remanger aujourd’hui hahaha), l’essentiel de ma bourse passant dans le loyer, les bouquins (les bouteilles de blanc-cassis au bar « le Vieux Léon ») et les « sachets fraîcheurs » de luxe pour ces demoiselles ^^.

 

Et mon déménagement à Bordeaux.

Ce moment ambivalent où j’ai appris 2 jours avant la rentrée que j’intégrais Sciences-Po (j’étais sur liste d’attente). J’ai été hébergée à l’arrache par l’amie d’une amie d’une cousine d’une grande-tante, j’ai fini par obtenir une Cité-U en allant tous les jours dire « bonjour » à la gentille dame du CROUS (je suis une fille extrêmement obstinée, sachez-le ^^), mais ce fut autant un grand cap dans ma vie qu’une période déchirante : j’ai dû en 2 jours dire au revoir à ma famille, mes amis avec qui on vivait à la « Friends », mon amoureux avec qui nous décidâmes de nous séparer (car à 21 ans on avait autre chose à faire que de gérer de la distance, je n’ai jamais été très sentimentale…que je croyais). Et à Mokette et Gobie, que je ne pouvais décemment pas mettre en Cité U.

Sans elles, je n’avais plus mes repères dans cette nouvelle vie terriblement grisante, pleine de promesses (une boursière qui intègre Sciences-Po, j’étais si fière de moi !!!), mais vide de mes 2 piliers.

 

Et puis l’amoureux m’a appelé un jour, et il m’a dit « je crois que je t’aime » (en plus d’1 an de couple à Dijon, on ne se l’était jamais dit). Il a pris ses affaires, un gros camion, et il a débarqué à Bordeaux. Avec mes meubles qui puent-la-pisse, les siens, et Mokette et Gobie. Ce fut la seule et unique fois où je pris un appartement avec un homme, et où ça dura aussi longtemps. Un mec bien, qui a aujourd’hui une jolie famille avec une autre, et j’en suis heureuse. Il avait de son côté un chat mâle qui fut très bonne pâte avec mes deux garces, habituées à voir toutes leurs volontés acceptées. Théo.

Mokette et Théo en plein jeu des « 7 différences »

Tous les 5, on est devenus des adultes, avec des préoccupations d’adultes. Les courses le samedi, le voisin qui nourrit les chats quand on part en vacances, les factures à payer, les petits-boulots pour payer les études, les oraux de Sciences-Po à bûcher avec les copines, mon mec qui lui n’avait pas le bac et qui décida de le repasser pour devenir infirmier, les dîners de couples, le frigo plein, le film à la télé le dimanche soir…

Et puis, la vie.

Et puis la séparation.

Je commençais tout juste à travailler une fois mon diplôme en poche, et je n’avais pas encore les moyens de me loger seule. Les parents d’une amie, Mme et Mr J., des gens formidables à qui je pense encore beaucoup, m’ont hébergée comme leur propre fille le temps que je retombe sur mes pattes (mon passé est pavé de gens bienveillants, merci ma bonne étoile), mais j’ai confié mes deux monstres à ma mère à 800 bornes de là. Elles avaient partagé déjà bien assez de mes galères, elles avaient droit à un peu de paix. Elles m’ont manqué chaque jour, car comme quand j’étais gosse, je n’ai montré ma peine à personne suite à la rupture. Elles étaient encore les seules à qui je confiais mes états d’âme depuis plusieurs années. Je garde encore cette habitude étrange…

Et puis, le départ.

Lorsque j’ai réussi à retrouver un studio, cela faisait déjà plusieurs mois qu’elles vivaient à la campagne chez ma mère. Elles avaient connu l’air libre, les mulots à chasser, un territoire de plusieurs hectares : ça m’a brisé le cœur, mais j’ai réalisé qu’il serait cruel de les ré-enfermer dans 16m2. J’ai laissé chez ma mère, à Dijon, ces deux p’tites boules de poils qui étaient au final la seule chose précieuse et la seule constante de ma vie depuis 7 ans. Elles avaient catalysé les merveilleux moments de cette vie que j’estime privilégiée, riche et intense, car ma vie a toujours été belle en dépit des obstacles, mais aussi les galères dont je me suis toujours relevée.

Elles m’avaient tant donné, je leur devais ce cadeau : rester à la campagne chez ma mère.

Elles y sont enterrées, avec mes souvenirs et mes blessures de jeunesse, mais aussi ces années de « caps » qui ont fait de moi la nana que je suis.

Une voiture tua Mokette.

Un chien non-attaché échappa à ses maitres et attaqua Gobie, lui faisant peur au point que son cœur s’arrêtera chez le vétérinaire.

Triste hasard, la conduite et les chiens font partie de mes pires phobies encore à 33 ans.

Je ne les ai jamais oubliées…

Gobie nous fit 3 beaux cadeaux avant de partir : Gaston, Cyclone et Marcelle-Boitaklou

Dans le jardin de ma mère, il n y a pas qu’elles qui reposent. Il y a 7 ans d’une vie où je ne me suis jamais résolue à accepter la moindre fatalité.
J’ai construit ma vie d’adulte, mené ma carrière, rencontré de nouveaux hommes, adopté de nouveaux félins, chacun avec son caractère propre, et chacun a eu une place centrale dans ma vie. Cela ne m’empêcha pas d’être humaine, sociable, d’être sensible et de prendre part à des causes humanitaires (j’entends souvent opposer les deux, ou bien parfois des gens m’ont reproché d’être « indécente » en gâtant trop mes chats : je pars du principe que quand on a un animal, on s’en occupe, il n’y a aucune indécence à ça, et aimer les animaux n’empêche en aucun cas d’être solidaire avec les êtres humains).

 

Le destin voulut que chaque nouveau chat fasse partie d’une étape dans ma vie. Pour le dernier qui disparût, en même temps que j’appris que mon petit ami de l’époque me trompait (ouais, j’ai eu mon lot de connards hahaha, mais heureusement beaucoup de chouettes mecs), j’ai pleuré pendant des jours et des jours entiers. Inquiète, j’ai demandé à mon médecin pourquoi la perte de ce chat me faisait plus souffrir que la trahison de cet homme et la rupture : il m’a alors expliqué que cela était normal, car les animaux de compagnie symbolisent justement à eux-seuls notre passé, notre vie, et en particulièrement notre enfance en incarnant une sorte d’innocence éternelle. On pleure un temps que l’on ne rattrapera jamais. On pleure l’innocence que l’on n’a pas su préserver. Un truc comme ça.

 

Le temps a passé, et comme je n’ai jamais su faire autrement que d’être heureuse, malgré les aléas de la vie (autres que la perte de mes chats hein, mais je n’en ferai pas état), et bien je regarde les 33 années qui m’ont précédées en réalisant à quel point j’ai accumulé mille bonheurs, sous les yeux de mes bestioles. Chacun en est le symbole et est gravé dans mon cœur à coups de griffes acérées.

Joséphine et Bettie-Mouch’, qui respirent l’amoooour n’est-ce pas ^^

Aujourd’hui, ce sont « Joséphine » et « Bettie-Mouch' » qui partagent ma vie.

Joséphine est une chatte noire que j’ai adoptée le jour où j’ai lu un article expliquant que les chats noirs étaient les premiers à être euthanasiés en refuge, car personne n’en voulaient.

J’aurais adopté tous les chats noirs si j’avais pu…

Bettie-Mouch’ est sa fille, une siamoise totalement cinglée que j’aime à l’infini. Elle est née un de ces matins que je partageais avec l’un des hommes que j’ai le plus aimé (ne comptez pas, j’en ai eu peu des hommes dans ma vie…). Un homme qui a refait battre un cœur meurtri après des années de jachère sentimentale. Je me réveille sans lui désormais, il a construit une autre vie et j’en suis heureuse aussi pour lui, mais elle me rappelle les soubresauts qu’il redonna à mon cœur, à chaque fois que je la regarde.

On s’est un peu embourgeoisées… Elles vivent entre ma maisonnette de 60m2 et mon grand jardin, et moi je mange autre chose que des cookies de la marque « pouce » et je travaille dans la presse, comme je l’avais rêvé. La siamoise névrosée fait peur aux hommes, et comme il parait que moi aussi, ça me fait un bon argument pour répondre à ma mère quand elle me demande « mais pourquoi t’arrives jamais à garder un mec ??? » (bah oui, je peux mettre ça sur le dos du chat, il ne viendra pas me contredire ^^).

Et puis, la vie continue…

Je ne sais pas quels morceaux de vie celles-ci emporteront avec elles quand elles partiront, peut-être seront-elles les premières à devoir me partager avec un bébé, et du coup un autre mec bien. Peut-être qu’elles me verront me réaliser autrement qu’en devenant maman puisque la vie semble capricieuse, peut-être qu’elles continueront longtemps à me voir m’épanouir dans le métier qui est le mien et que je kiiiiiffe, peut-être qu’à force de dormir sur le clavier de mon ordi elles co-signeront avec moi ce put*** de bouquin que je voudrais écrire un jour. Ce qui est sur, c’est que dans les moments où ça ne va pas, car il y en a toujours et il y en aura encore, je redeviens cette gamine un peu sauvage et je me réfugie dans leurs yeux et contre leur petit cœur pour pleurer. A 33 ans, comme une gosse.

 

Parce que voyez-vous, en dépit de tout ce que l’on raconter sur les chats, je reste convaincue qu’ils ont une capacité à nous comprendre et à nous aimer hors-du-commun. Toujours indépendants malgré la domestication, ils font le choix de nous aimer. Aucun lien de soumission ou de hiérarchie ne se met entre l’homme et le félin, juste de l’amour (bon, et un besoin de bouffer aussi hein, je ne suis pas dupe). Et les gens qui vivent avec des chats vous le diront : ils ressentent nos douleurs. C’est étrange. C’est ça, le chat.

Et puis, un jour…

Je suis née avec l’envie de devenir vétérinaire, je fais carrière aujourd’hui dans l’autre rêve qui était mien, mais le premier souhait contrarié par ma trop grande sensibilité et ma peur des chiens, j’ai grandi avec un troisième rêve, que je réaliserai un jour : aux gens qui ironisent en me disant que je finirai « vieille fille entourées de pleins de chats », figurez-vous que c’est là mon projet de vie in fine. Oh, pas de finir vieille fille, car j’espère bien avoir des enfants un jour, et un homme que j’arriverai à aimer plus de 6 mois. Mais je nourris le rêve secret d’ouvrir une pension de chats à ma retraite. Où j’accueillerai les chats errants et où j’hébergerai gratuitement les chats des gens qui veulent partir en vacances mais qui n’ont pas les moyens de se payer une pension hors de prix. Également, les chats de gens qui ont des accidents de la vie et qui ont besoin de les confier le temps de se remettre en selle.

C’est pas fou comme rêve, hein, t’as vu ? C’est un peu kitsch même. Mais c’est le mien, et après avoir bourlingué et accompli d’autres rêves de ma longue liste, je sais que je réaliserai celui-là, pour rendre à ces petites bestioles tout l’amour qu’ils ont su me donner en une vie.

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Bref, tout ça pour vous dire quoi ? Que Anne est une vieille fille qui vit avec deux chats neurasthéniques… OU PAS !

Elle a eu autant de chats qu’elle a eut de vies. 9 peut-être, qui sait…

Elle est aussi indépendante que les petits félins qui ont partagé ses vies, mais ne boude pas son plaisir à ronronner en quelques draps de soie quand elle se sent bien quelque part.

Elle créé, elle aime, elle se lance sans cesse de nouveaux défis, et elle a su se construire la vie qu’elle souhaitait, entre chats angoras et chats de gouttières, et est plutôt fière des ruelles arpentées pour cela.

 

Tout ça pour vous dire, aussi, que si vous êtes parents d’un enfant un peu introverti et que vous reconnaissez votre fille ou votre fils en me lisant : n’hésitez pas à lui prendre un chat s’il le demande. Je vous assure que la présence de cet animal à mes côtés pendant mon enfance ne m’a pas seulement permis de me sentir moins « seule » ou bien de me confier, cela m’a aidé à m’ouvrir. Cela m’a aidé à devenir plus responsable, cela m’a appris à dompter mon côté sauvage et craintif. Je crois que tout simplement, ça m’a appris à gérer l’affection, même si mes parents m’en donnaient beaucoup : on a chacun un caractère propre, et la pudeur excessive chez certains peut induire à reporter l’amour que l’on cherche à donner sur un animal. Et c’est apaisant, ça fait du bien. Cela ne voudra pas dire qu’il ne vous aime pas. Cela peut aussi vouloir dire qu’il ne sait pas comment s’ouvrir : le chat peut être comme la « marionnette » quand on est tout petit, il peut être un intermédiaire entre vous et lui pour arriver à aborder certains sujets. Je pense que mes chats m’ont parfois permis d’aborder certains sujets avec ma mère (c’est bizarre à dire, mais je le ressens comme ça).

Vous dire aussi qu’un « enfant-chat », un enfant timide et réservé, n’est pas forcément un enfant malheureux ou asocial : aujourd’hui, l’ex gamine introvertie et timide à l’extrême bosse dans les relations publiques (le métier le plus déconseillé aux gens timides 🙂 ) et y prend un pied monumental, c’est vous dire si rien n’est gravé dans le marbre hein !!!! J’ai « dompté » cette particularité de mon caractère, je pense mème en avoir fait une force, et je suis à la fois sociable et ouverte aux autres (pipelette mème, parfois).  Et je garde de mon enfance un souvenir doux et bienveillant.

Et enfin, pour vous dire de ne jamais vous moquer ou ironiser sur la peine d’un ami adulte qui pleure sincèrement la perte de son chat. Je vous assure que la douleur est réelle, ne la minimisez pas, et consolez-les…

 

Et tout ça pour en revenir à ce que je vous disais au départ (j’adore les épanadiploses…) : il faut que vous lisiez l’article d’une autre chatte de gouttière qui a su dompter ceux qui se croyaient ses maîtres, et qui a le cœur assez gros pour pleurer un être à poils comme un être de chaire et d’os.

Il parait que la sensibilité est le propre des âmes d’artiste. Aurons-nous assez de 9 vies pour créer tout ce qui grouille encore dans nos têtes ?

 

Signé : Anne, une ex « enfant-chat »

Crédit photo : Nahia Farmer pour Serial Blogueuse

Son article : https://www.serialblogueuse.com/2017/08/09/balkis-chatte-lovcat-tattoo-chartrons-potrons-minet/