Nikita Bellucci, ex actrice porno, dénonce le harcèlement en ligne dont sont victimes les professionnelles du X

Nikita Bellucci, ex actrice porno, a récemment dénoncé le harcèlement en ligne d’une violence inouïe dont elle est victime depuis des années. Sous couvert de leur activité, les professionnelles du X subissent via les réseaux sociaux un slut-shaming indigne, qu’il est grand temps de condamner massivement.

 

La réalisatrice Ovidie avait déjà mis en lumière la difficile reconversion des actrices porno, que la société a tôt fait de mettre à son ban. Marlène Schiappa, secrétaire d’État chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, a annoncé qu’elle allait « se pencher sur la question » dans la webémission « Restons Poli(tique)s » de l’Internaute et l’Obs.

Nikita Bellucci est une ex actrice porno, mais avant tout une femme, comme vous et moi, dont le choix de carrière ne devrait absolument pas justifier le harcèlement dont elle est victime depuis des années

Dans un entretien a Konbini, ainsi que sur le plateau TV de l’émission « Touche pas à mon poste », elle dénonce le harcèlement en ligne dont elle est victime depuis des années.

 

Un harcèlement et une haine bien trop lourde à supporter, qui lui a fait prendre une décision qui prend aux tripes : celle de ne pas avoir d’enfant. Le témoignage de Nikita Bellucci sur ce sujet fait notamment écho à la colère d’Ovidie, suite aux flots d’insultes reçues par l’actrice et animatrice Clara Morgane à l’annonce de sa grossesse.

Hypocrisie totale : que reproche t’on au juste aux actrices porno ? Les professionnel(le)s du X sont les premier(e)s à en dénoncer les travers, à combattre les dérives et à vouloir en réguler les pratiques, pour que ce choix de carrière soit libre, consenti, et sans risque, que ce soit pour les acteurs et actrices (utilisation systématique du préservatif, rejet des pratiques trop extrêmes, etc), et les spectateurs eux-mêmes. Là où l’on accuse l’industrie du X d’avoir une influence néfaste sur les plus jeunes, Nikita Bellucci rappelle qu’un môme de 12 ans n’a rien à faire seul devant un écran, sans filtre parental. Elle dévoile sur son profil Twitter les messages hallucinants que certains ados lui envoient, révélateurs d’un problème de société et éducatif plus large, dont il serait bien injuste d’accuser les actrices porno, dont le travail est destiné à un public majeur.

Heureusement, les réseaux sociaux peuvent aussi apporter leur lot de belles réactions. N’oublions pas que le souci reste avant tout la nature humaine, qui se sent certes impunissable sous couvert d’anonymat via Facebook et Twitter, mais qui est la même qui lynchait en place publique bien avant l’ère du virtuel.

Sur ces mêmes médias, Nikita a reçu le soutien d’un grand nombre d’internautes, n’acceptant pas ce slut-shaming honteux. Pas sure que cela compense, car le harcèlement en ligne que subit la jeune femme est d’une violence inouïe, mais il est important de ne pas laisser faire, et de ne pas la laisser seule face à cette vague de boue dégueulasse : je vous invite à lui témoigner votre respect et soutien sur son compte Twitter. Comme ce tweet de l’un des meilleurs CM du monde, celui d Interflora, qui a transformé le message d’insultes immondes d’un Twittos en un beau et simple message de tendresse.

 

Cheffe d’entreprise, mère au foyer, engagée dans la marine, sportive, chômeuse, actrice porno : toute femme a droit au même respect, quelle que soit son activité professionnelle.

Pour rappel, je vous invite à relire mon entretien avec la réalisatrice Ovidie, et compte sur vous pour ne jamais accepter qu’une femme soit lynchée et empêchée de vivre comme elle l’entend, sous couvert de ses choix professionnels. Tout mon soutien à Nikita Bellucci.