J’ai toujours rêvé d’être blonde aux yeux d’Bibiche !

 

« Une blonde s’adapte inconsciemment à ses cheveux. Surtout si cette blonde est une brune qui se fait teindre en jaune. Elle veut être fidèle à sa couleur et se comporte comme un être fragile, une poupée frivole, une créature exclusivement préoccupée de son apparence, et cette créature exige de la tendresse et des services, de la galanterie et une pension alimentaire, elle est incapable de rien faire par elle-même, elle est toute délicatesse au-dehors et au-dedans toute grossièreté. Si les cheveux noirs devenaient une mode universelle, on vivrait nettement mieux en ce monde. Ce serait la réforme sociale la plus utile que l’on ait jamais accomplie »

Milan Kundera, « la Valse aux Adieux »

 

Aaaaaaah, la blooooonde. Cette greluche artificielle qui la plupart du temps n’est qu’une mythomane décolorée, cette peroxydée du cerveau, cette nunuche aux idées ammoniaquées et frelatées, cette ravissante idiote qui semble toujours avoir plus fréquenté les fauteuils des coiffeurs que les bancs de la fac ou les allées de la bibliothèque municipale.

Cette pouffe que l’on aime détester…

Bah oui, c’est bien connu : plus les cheveux sont clairs, plus l’intelligence est atrophiée (tiens, je viens de découvrir un nouveau théorème. Je file de ce pas déposer le copyright). Pour peu qu’en plus elles portent des talons hauts et des jupes ras-la-frisée, qu’elles aient oublié d’être moche et qu’elles aient une poitrine généreuse, c’est l’électroencéphalogramme plat qui guette nos chères copines blondasses…

 

Mouais…

 

Bon, déjà, petit aparté, ne vous ruez pas dans la rue pour brûler des portraits de Milan Kundera en braillant seins à l’air des chants féministes révolutionnaires (ça existe tiens d’ailleurs ? Ça m’intéresse de savoir…) : Milan Kundera n’est ni sexiste, ni raciste anti-blonde, et en plus c’est un auteur que j’adore. Je vous conseille vivement la lecture de « La Valse aux adieux », dont le profond nihilisme (à quoi cela sert de faire des enfants si nous considérons ce monde comme insatisfaisant?) et les réflexions cyniques et presque déshumanisées ne laissent pas indemnes.

 

Ensuite :

NOOOON MAIS CA VA BIEN DANS TA TROOOONCHE ???? TU VEUX QUE JE TE SOUFLETTE LE VISAGE, TE METTE TOUT(e) NU(e), QUE JE T’ENDUISE DES PIEDS A LA TÊTE DE MON GLOSS-PAILLETE PUIS QUE JE TE RECOUVRE DES PLUMES DE MON BOA-DU-SAMEDI-SOIR ET QUE JE TE JETTE EN PATURE A MES COPINES LES CHIENNES DE GARDE UN JOUR DE MANIF ????

 

Comment peux-tu me laissez dire de telles horreurs sur mes copines ??? Voyons…

Vous avez quoi ? Et bien moi, j’ai toujours rêvé d’être blonde. Les grandes, plantureuses et belles peroxydées me font complètement fantasmer, j’avoue. Par jalousie, je pourrais vous dire qu’elles sont juste belles à regarder mais ce serait vous mentir : la plupart des jolies blondes que je connais ont en plus le culot d’être insolemment brillantes, intelligentes, cultivées, malignes, bref, je les déteste autant que je les aime mes p’tites blondasses. Et je les aime encore plus si elles vont à l’encontre de ces espèces de clichés qui voudraient qu’elles soient les êtres les plus niais que ce monde ait porté. Soyons sérieux deux minutes…

 

Il se trouve que récemment, j’ai rencontré deux blondes comme je les aime.

Bibiche'girls

Marine et Célia ©Bibiche

Elles s’appellent Célia et Marine, et elles font partie de ces nanas complètement dingues et iconoclastes qui me font presque regretter de ne pas être lesbienne tellement je les trouve géniales. Célia et Marine sont très blondes, mais ce sont surtout des…

Des « qui parlent trop fort ».

Des « qui l’ouvrent un peu trop mais pour dire des choses intéressantes».

Des « qui s’habillent ultra sexy et qui t’emmerdent ».

Des « qui en ont dans le crâne ».

Des « qui racontent des blagues salaces que même moi je ponctue d’un « rooooo quand même c’est saaaaale !!!!! »

Des « qui ont eu envie de se lancer dans un projet un peu fou et qui n’ont pas eu peur de foncer ».

Des « wahou les boooooombes !!! ».

Des « qui boivent de la bière en jogging devant du rugby je suis sûre… »

Des « mieux vaut avoir un caractère trop affirmé que ne pas en avoir du tout »

Des « bien dans leurs baskets mais aussi dans leurs escarpins Minelli ».

Des « qui ont réussi ».
Des « qui se sont données les moyens pour réussir ».

 

En somme, des « Pas Potiche » pour un sou !

Ces deux blondes, ce sont les fondatrices peu communes de « Bibiche ».

Bibiche ? C’est quoi ce truc ???

 

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« Différent, divergent et dissipé » : voilà comment ses fondatrices décrivent « Bibiche », ce magazine de société bordelais, féminin et gratuit, qui est sorti officiellement de sa forêt le vendredi 8 mars, à l’occasion de la « Journée de la Femme ».

 

J’ai eu le plaisir d’être conviée à la soirée de lancement de ce beau projet, et croyez moi la salle était pleine à craquer, de gens sincèrement emballés par le mag. Une sacrée réussite !

Les mieux placées pour en parler, ce sont Célia et Marine elles-mèmes, les Bibichons’ Mothers :

 

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www.bibichelemag.fr

 

Deux Wonder-nanas, qui comptent aussi à leur côté, pour les aider et pour assurer une chronique sur le vin, une troisième fille copine de Papotiche, ce qui je l’avoue me rend encore plus amoureuse du petit cervidé bordelais : Charlotte Giraudeau, une fille ultrapunchy qui a donné un sérieux coup de Plizz (is the new : qui a dépoussiéré…) dans le monde du vin bordelais, en créant un guide très bien fait, nommé « Les Itinéraires de Charlotte ».

 

Ces wonder-nanas, donc, elles ne se sont pas privées non plus de talents masculins. Comme elles le disent elles-mêmes, c’est pas parce qu’on s’adresse aux filles qu’on ne va parler que de filles, et surtout que seules des femmes peuvent se parler entre elles.

Mon dieu, comme je plussoie !

J’ai donc eu le plaisir non dissimulé (parce que franchement, elles l’ont bien choisi…) de demander au « Loup de la Bibicherie » de m’expliquer pourquoi il avait accepté de suivre Célia et Marine dans l’aventure. Ce « loup », c’est Rémi Dupouy, journaliste de son état, que vous aurez plaisir à lire dans le mag.

 

Rémi Dupouy

©RémiDupouy

Tout d’abord, qui es-tu Rémi ?

Mon parcours va de la com’ aux médias, maintenant je suis auteur en télé, dans la case « nature et culture ». Je propose et développe des projets documentaires et magazines plutôt décalés sur ces thèmes qui me passionnent, je les anime autant que faire se peut, et j’écris en édition quand on me le propose.

Qu’est ce qui t’a donné envie de participer à l’aventure « Bibiche » ?

Les deux blondes peu communes qui ont décidé de mettre la bride à un cervidé femelle et ce pour le bien et le sourire de la communauté. On m’a aussi appâté avec du patrimoine « traitement libre ». La volonté d’en parler sous un autre angle a achevé de me convaincre.

Un homme qui parle des femmes/aux femmes, c’est une valeur ajoutée pour le mag tu penses?

Les pépites d’aujourd’hui ne sont plus celles d’hier, alors si à l’instar de ce mag, je peux prendre la tangente de la norme et parler aux femmes et aux autres à ma sauce, ça pourrait porter ses fruits. Mais comestibles, je ne sais pas. Et comme on dit chez moi, « Les pintades, les poules et les oies ont beau contester son autorité, toutes se lèvent au chant du coq »…

Voilà une remarque qui risque de plaire aux « Bibiche-girls » (les fondatrices), elles qui ont l’air d’avoir un caractère bien trempé ! D’ailleurs, ça fait quoi d’être le seul homme dans cette bande de filles décomplexées ?

C’est drôle, ça équilibre peut-être le Molotov. C’est une ambiance assez provoc’ qui me rappelle tant les tavernes d’antan que les joutes que les cerfs se livrent pour séduire leurs belles. Mais les filles « bien trempées » d’aujourd’hui ont tourné la page de la gueguerre aux phallus. Je crois même qu’on est plutôt en phase.

Bibiche, c’est un peu la « nouvelle Eve » : l’avènement d’une forme de féminisme moderne ?

Cela se vérifiera surtout sur le long terme. Je crois qu’en édition comme en télé, les projets mettent du temps à éclore complètement et à s’affirmer. Cela dit, je sens une énergie largement inspirée de la décalade-décalée et de la chute maîtrisée. Ce sens du No Limit Desprogien, couplé à cette détermination complètement décomplexée – même si ce terme sent la galvaude – pourraient bien conduire au New New Age de la parole d’Eve.

Au final, être féministe aujourd’hui, c’est quoi pour toi ?

C’est peut-être d’arrêter de penser qu’on est égaux dans nos têtes, ou qu’on doit tout faire pareil, autant, en même temps. On est différents mais on a les mêmes délires, on est même parfois à l’affût des mêmes bons plans ! Au-delà du clivage martiens-vénusiennes, je pense que la conscience de tout ça, apaise nos rapports et mène au progrès. En bref, on est tous le macho d’une autre, mais on commence à se mélanger, et ça fait un bien fou.

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Papotiche en mode Bibiche

Papotiche en mode « yeux de Bibiche »

Voilà copain, tu sais tout. Tu sais que j’aime les blondes, tu sais que j’aime surtout les blondes un peu folles dont le talent me fait baver d’envie et me rend fière d’être une nana,tu sais pourquoi j’aime Bibiche, tu sais que tout ce qui contribue à faire avancer le féminisme de façon construite et positive me plaît chaque jour un peu plus, tu sais que désormais sur Bordeaux il faudra compter sur ce nouveau magazine papotichée des hannetons, qui au lieu de vider ton portefeuille nourrira ton esprit, et je vais même t’apprendre que si tu n’es pas Bordelais tu peux te rendre ICI pour télécharger le magazine en ligne.

 

« Bref, si t’as pas lu Bibiche après avoir lu cette chronique, c’est que t’as raté ta vie. »

Papotiche Séguéla