J’ai toujours rêvé de vous raconter ma 1ère fois avec la Levrette: épilogue!

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Résumé des épisodes précédents :

Deeclan, après avoir rangé la salle du gala de charité où il avait passé la journée à vendre des cupcakes pour les œuvres du révérend de la paroisse Saint-Brandon, a révélé à Mary qu’elle était en fait la nièce adoptive de sa femme. Mary compris alors que de par le fait, et derechef, elle était aussi la sienne (de nièce adoptive) (à Deeclan) (on parle de Mary hein). Bouleversée, elle se confia à Giuseppe qui, profitant de la faiblesse de la jeune femme, se dit que c’était le bon moment pour lui avouer qu’en fait il n’était pas Vietnamien mais Italien. Mary compris alors pourquoi il avait appelé ses enfants Antonio et Ricardo. Tant d’années de mensonges, c’en était trop…

Bouleversée (bis), (car Mary a la phobie des tagliatelles…) (ouais t’as vu c’est con comme phobie), elle se confia (bis) à sa meilleure amie Jennifer, qui venait justement de refaire ses racines et qui était en toute logique, derechef de par le fait, de bonne disposition. Mais Jennifer, qui était en fait jalouse de Mary depuis le jour où celle-ci fut élue reine du bal de la promo en 1995 (ce qui l’avait contrainte à trainer sa virginité à l’université tel un fardeau), se dit elle aussi que c’était le bon moment (bis) pour se venger et lui annoncer qu’en fait, elle le savait déjà car en fait (bis), Antonio et Ricardo sont ses propres enfants ! Tant d’années de mensonges, c’en était encore plus trop…

Bouleversée (ter), Mary se confia (ter) à Manuel le bien nommé, son professeur de yoga bikram, qui se dit que c’était le bon moment (ter) pour lui glisser une petite main au berlingot. Finalement, Mary se dit elle aussi que c’était le bon moment pour arrêter un peu de chialer pour un rien, et, motivée par sa lecture récente des « 50 Nuances de Grey », hurla à Manuel : « Bordeeeeel mais trève de préliminaires, prends moi en levrette bon sang !!!!! ».

C’est alors que….

 

LA LEVRETTE !!!! Mais oui, voilà !!!! Excusez moi, j’étais partie sur tout autre chose, voilà deux jours que je suis en vacances et déjà, du fin fond de mon canapé qui a pris la marque des mes fesses, j’ai les neurones anéantis par « Amour Gloire et Beauté » et autres soap-opéras…

Bref, si tu veux savoir ce qui s’est passé avant, tu vas LAAAAA puis ICIIII, et après tu reviens, ok ? J’en ai marre de me répéter, déjà que je parle trop…
C’est bon, t’es au jus (de raisin si tu as bien suivi #modeJeanAmadouActivé) ?

Je vous disais donc qu’à mes yeux, le vin n’était pas une question de sexe mais avant tout une question de compétences et de goûts.

Toutefois, toutes ces femmes du vin que j’ai eu grand bonheur à croiser au cours de cette soirée « Oscars des Bordeaux de l’Eté», aussi différentes furent-elles entre elles, semblaient à mon sens avoir un petit truc en plus que les mecs. Est-ce parce qu’en étant autorisées sur le tard à investir le secteur, elles y consacrent désormais deux fois plus d’énergie que ces messieurs?
Peut-être, mais dans tous les cas, ce qui me semble évident, c’est que ce n’est pas en copiant les hommes qu’elles sortent du lot, mais bel et bien en ne niant pas leur féminité et en en faisant un atout. Sans pour autant la revendiquer à grands coups de slogans militants : être féminine et fière de l’être ne veut pas dire être féministe !

Les anges n’ont pas de sexe : en toute logique, la « part des anges » non plus.

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Latifa Saikouk


Aussi, ce n’est pas dans le goût ou la qualité du vin que la différence émerge, mais plutôt au niveau de la communication. Je vous ai parlé de Vicky Wine dans l’épisode 2, je pourrais également vous présenter Latifa Saikouk, une jeune et jolie viticultrice qui n’hésite pas à carrément étiqueter son médoc d’un rose bonbon bien flashy, ou encore de deux sœurs, Cathy et Sandrine Héraud, qui ont customisé leur chai à Saint-Christoly.

D’autres wonder-nanas, attablées juste à côté du bar, semblent rire aux éclats depuis le début de la soirée. Devant tant de bonne humeur, je demande à mon voisin-de-picole qui elles sont : ce sont « les Cubzaguaises », et là encore tu vas voir qu’elles n’ont pas hésité à jouer sur leur « coté fille » pour vendre leur vin !

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Crédit Photo: Les Cubzaguaises

Les cubzaguaises sont 12 vigneronnes de tous âges qui ont fait le buzz l’année passée, en posant pour un calendrier dans des postures inspirées des pin-ups et autres rétro vamps, mais dans leur cadre de travail à la vigne. L’une nous jette un regard coquin depuis le fond d’une cuve, l’autre sirote son verre de vin à califourchon sur une barrique, une autre encore rit à gorge déployée entre deux rangs de vignes. Toutes, sans aucune vulgarité, vêtues de superbes robes de soirée satinées et sans un pli, pour contraster avec le caractère manuel de leur métier, élégantes et pleines d’humour. Voilà comment 12 nanas ont joué de leur féminité pour parler de leur vin, et plus encore, de leur métier, et si cela me plait forcément à moi, Papotiche, je me plais aussi à penser que cela fera naître chez mes petites sœurs des vocations et envies viticoles !

Le « sexe du vin » serait donc révélé après mise en bouteille ?

IMG_6830Oui et non. Rassurez-vous, je n’estime pas que communiquer « de façon féminine » consiste uniquement à préférer le rose au bleu, ou tailler la vigne en escarpins, ne soyons pas réducteurs. Les nénettes que j’ai pris en exemple ont surtout joué de ces clichés (ceux qui veulent qu’un métier manuel exclu toute féminité) car leurs compétences le permettent, et leurs atouts sont tellement plus nombreux. Et puis certains viticultrices, au contraire, s’en moquent bien de passer leur journée en jeans et bottes boueuses, mais cela ne diffère pas des autres corps de métiers (je connais des attachées de presse qui ne se maquillent pas ! Et ouais, ça existe !).Tout simplement parce qu’à la vigne comme à la ville, être une femme ne se limite pas à un peu de vernis à ongle ou à une jolie robe. C’est comme dans la vie de tous les jours : que l’on soit perchée sur des Louboutins ou complètement roots, ce qui compte, c’est ce qu’on a dans la tronche.

C’est au moment précis où j’allais faire le constat qu’in FINE, cette soirée 100% femmes m’avait appris que le vin n’avait pas de sexe, que PAF, mon voisin de comptoir me fit presque tomber de ma chaise en hurlant soudain :

« Heeeeeeey, v’là La Levrette ! ».

Le sexe me revint en pleine poire…

(Ce moment que tu attendais est enfin arrivé copain…)

Les yeux exorbités, je me demandai d’abord si j’avais bien entendu. « Heu, dis donc mec, c’est qui que tu viens d’appeler la Levrette ???? ».

« C’est la nana là bas, faut absolument que tu fasses sa connaissance ! »

Je ne voyais rien, et en conclue donc à un jeu de mot pourri. Voilà, on était donc suffisamment saouls pour qu’un homme finisse par me proposer de finir la soirée en Levrette. Pffff….tous les mêmes…

Et puis une jeune femme s’approcha, tout sourire, toute radieuse.

La Levrette, c’était « elle ». Laetitia Mauriac de son petit nom.

Mais, Papotiche (tiens, tu étais encore là petit internaute taquin ? Comme tu ne l’avais pas ouvert depuis un moment, je pensais que tu t’étais lassé et que tu étais parti sur Youporn assouvir sa soif de Levrette). Dis moi, La Levrette, ce serait donc une femme ???

Pas tout à fait copain. La Levrette, c’est le nom du vin de Laetitia, qui est viticultrice. Ou plutôt, le nom de son domaine (ce qui explique le nom du vin finalement). Et ça a de quoi surprendre, non ? Moi qui aime tant les jeux de mots bien lourds, autant te dire qu’avec un vin portant ce doux sobriquet je fus tentée de m’en donner à cœur joie. Mais croyant naïvement que le nom était plus subi que voulu (c’est la femelle du lévrier qui figure sur l’étiquette, pas la position du Kâmasûtra), je me dis que cela ne se faisait pas, et je ne dis mot. Je savourais mon verre de Levrette en pleurant secrètement les calembours douteux qui me venaient à l’esprit, les réservant pour un auditoire privé plus tard dans la soirée, afin de ne pas mettre Laetitia mal à l’aise.

J’avais bien tort ! Car figures toi que Laetitia Mauriac est une femme pleine d’humour et que l’origine du nom de son nectar est tout aussi coquinou que ce qu’il insinue ! Moi, quand on me présente une fille qui vend sa Levrette à tout va, j’ai forcément plein de questions qui me viennent en tête : qui a choisi le nom ? Comment vous communiquez autour de ça ? Assumez-vous l’ambigüité ? Etc.

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Laetitia Mauriac, au centre

Tiens, et si on passait en mode interview ?

C’est quoi qui t’a amené dans le monde du vin Laetitia ?

C’est familial au départ. J’ai trois frères (je suis la seule fille), et un jour l’un d’entre eux nous a tous réunis pour nous proposer de revenir à nos origines, car notre grand-père était négociant en vin et notre grand-mère viticultrice en Bergerac. On a trouvé une propriété qui nous plaisait à tous à Blaye, et on s’est lancé là dedans, en 2006. J’étais la seule à ne pas être en poste à ce moment là, et de Paris je voulais revenir à Bordeaux, donc au final c’est moi qui ai pris la gestion. Je n’y connaissais rien du tout (j’ai fait des études de philo, et je bossais dans la comm événementielle), mais avec l’aide de mes frères j’ai tout appris. Toutefois, grâce à mon grand-père, que je voyais « carafer » les vins quand j’étais petite, j’avais déjà une bonne culture.

Mais, « Château La Levrette », ça ne vous a pas fait peur comme nom de domaine ???

Non, pour la simple et bonne raison que le nom de « La Levrette » c’est nous qui l’avons choisi ! Quand on a décidé de faire un vin, on savait qu’on créait une entité à défaut d’en reprendre une avec un réseau et un marquage commercial. On partait donc de zéro ! Ainsi, notre vin était nouveau et donc inconnu, il fallait trouver un moyen de rapidement se faire connaitre. Cela nécessitait en premier lieu un nom qui se retient vite, mais aussi qui reflète les qualités du vin produit. Le nom de « La Levrette » est sorti du lot. C’est ce que je dis souvent : la Levrette, c’est la femelle du lévrier, avec cette connotation de noblesse, finesse, élégance, loyauté dans le temps, et en même temps il y’a ce double sens en France très évocateur qui permet aux gens de retenir ce vin quand ils le goûtent pour la 1ere fois. Souvent, lors des dégustations, quand ils découvrent l’étiquette, ils me disent : « et bien ça, je suis pas prêt de l’oublier !!! ».

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Crédit: Château La Levrette

C’est dingue, j’étais persuadée que ce nom était celui de la propriété et que vous aviez du faire avec !!! C’est génial d’avoir osé ça ! L’accueil des gens, plutôt positif ? Pas de remarques désobligeantes ?

99% du temps je n’ai pas de remarques négatives. C’est évidement déjà arrivé que certaines personnes trouvent ça osé, après moi je pense que l’on trouve ça déplacé à partir du moment où l’on a soi même l’esprit mal tourné…

Niveau communication, vous jouez quand même clairement sur l’ambigüité !

C’est un nom que l’on a choisi pour ça, donc on ne peut pas d’un coup jouer les prudes dans nos pubs…ce serait malhonnête. Par contre, nous restons dans la subtilité. Verser dans la vulgarité ne correspondrait pas à l’image que l’on souhaite véhiculer, et tout simplement pas à l’image de notre vin. Et puis libre à chacun d’interpréter comme il le souhaite…

Partie de zéro, Laetitia s’est ainsi vite fait une place dans un secteur fortement concurrentiel grâce à la Levrette, mais en tout bien tout honneur hein. Si Laetitia a d’emblée su qu’il lui faudrait de la patience et beaucoup de travail pour intégrer ce milieu, et qu’un nom atypique ne suffirait pas, elle m’explique alors l’intérêt primordial des rencontres et des échanges. C’est d’ailleurs pour cela qu’elle a créé il y’a un peu plus d’un an un club réunissant des femmes qui travaillent dans le monde du vin. C’est une source de contacts, d’émulation et cela permet de mutualiser les énergies et savoir-faire. Dans ce domaine, les femmes sont généralement beaucoup plus volontaires et prompts à se réunir.

Toi copain, il faut absolument que tu vois ces « pubs » pour la Levrette. Je les trouve absolument géniales !!!!

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Alors après, je serai tentée de te dire que c’est parce que Laetitia est une femme que le Château communique de la sorte. Pourtant, si elle est à la tête de ce club de nanas, Laetitia n’est pas féministe pour autant. Elle voit plutôt les choses de l’autre côté : « Un homme aurait pu avoir cette idée. Par contre, je pense que cela passe bien parce que justement je suis une femme. Mieux vaut que ce ne soit pas un homme qui commercialise la Levrette, ça fait moins vulgaire, moins tendancieux. »

Une femme qui vend sa Levrette à qui-n-en-veut, même en fin de soirée bien arrosée, cela peut donc être bien vu 😉

Si tu veux « céder à la Levrette », files vite sur www.chateau-la-levrette.com

Un viticulteur nous a rejoint entre temps, et aussi érudit que coquinou, il nous en apprend un peu plus sur la Levrette, celle que l’on déguste uniquement dans l’intimité…

 

ATTENTION ! C’est la minute interdite aux moins de 16 ans…

Dans le fameux Kâmasûtra, la position de la levrette est appelée « Congrès de la vache » (ça fait moins élégant, Laetitia a bien fait de ne pas choisir le nom d’origine pour son vin…). En France, c’est bel et bien la femelle du lévrier qui a donné son nom à ce que nos ancêtres latins appelaient « coitus more ferarum » (=comme les animaux le font, aka à 4 pattes hop hop m’emmerde pas avec tes préliminaires !!!) : tout simplement car comme la femme (ou l’homme, cette acrobatie sexuelle est loin d’être réservée aux hétéros) en position de levrette, ce canidé a le bassin plus haut que le buste, en raison de pattes avant plus courtes que les pattes arrières (son dos est donc penché en avant, épaules plus basses que le bassin et ouais). En Angleterre, la Levrette est appelée « Doggy Style » et en Italie, on le fait « a pecorina » à savoir « comme les brebis ». Bref, on reste dans le domaine animalier, pour évoquer une posture sexuelle qui figure parmi les préférées des amoureux de la chaire : la vue qu’elle offre à l’homme et la liberté qu’elle laisse à ses va-et-vient lui procure un maximum d’excitation, et côté femme, elle permet un laisser-aller absolu, et facilite la stimulation de nombreuses zones érogènes en même temps que la pénétration (je n’en dirai pas plus, mon blog se doit de rester tous publics…).

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Au final, qu’elle soit sortie tout droit du Kâmasûtra ou bouteille de vin, la finalité est la même : la Levrette procure beaucoup de plaisirs et de merveilleuses sensations…décuplées lorsqu’elles sont partagées !

Voilà comment Laetitia m’a permis de finir ma soirée dégustation en beauté et en Levrette ! Mais attention, sans non plus terminer à 4 pattes, j’ai tout de même pensé à cracher la majorité des vins dégustés, I’m a Lady quand même (oh ouiiiii, appelez moi « Lady Papotiche, ça fait clââââââsse !!!!).

Vouloir vous prouver que le vin n’a pas de sexe, mais qu’il peut toutefois procurer autant de plaisir que le sexe, la boucle est bouclée et cet épilogue me plait bien!

Je suis rentrée chez moi bien repue, le cœur tout sautillant de ces belles rencontres, moi sautillant un peu moins, car si je suis partie de mon appart’ toute crâneuse et pimpante rehaussée sur mes 10cm d’escarpins, 4h plus tard je marche plutôt en crabe le long de la route heureusement désertée en cette heure tardive, tant chaque pas est devenu une souffrance pour mes orteils (ça, c’est potiche).

J’étais bien heureuse d’avoir dégusté un peu de La Levrette, car ce n’est pas dans mon salon tout vide, où seul mon chat névrosé (tiens, faudra que je vous en parle de ce chat un jour…) m’attendait que j’allais pouvoir m’y frotter (et oui, le « grand-brun-riche-trentenaire-pas farouche » n’était pas à la soirée…). Une tisane, et au lit Papotiche !

Je m’endormis tout de même sourire aux lèvres, en repensant à cette blagounette qui me fait tant marrer, et par laquelle j’ai introduit mon histoire :

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Vous constaterez donc que j’ai introduit le sujet avec beaucoup moins de subtilité et d’élégance que Laetitia Mauriac. Comme quoi, deux femmes entre elles peuvent être extrêmement différentes. Ce n’est pas le sexe qui définit en premier lieu notre identité. Nous les nanas, nous sommes tellement multiples, complexes, bref, un peu comme le vin finalement !

Lorsque vous « rencontrez » un vin, il y’a d’abord sa première impression : sa couleur, son nez. Puis vous penchez le verre dans la lumière, et vous vous rendez compte que plus qu’une banale couleur, il est toute une palette de teintes à mirer subtilement, que la première odeur, après être tranquillement entrée dans  vos narines, se transforme en une étendue de saveurs. Lorsque l’on ferme les yeux- nous voyageons à la première nuance dans une forêt fraîchement arrosée par la pluie, au sentier bordé de cèpes et de bois mort, quand soudain une gorgée nous plonge dans un panier de griottes prêtes à exploser de sucre et de soleil, et une troisième impression ouvre la porte de l’atelier d’un chocolatier et d’un torréfacteur réunis. Le vin est un délicat mélange de goûts, du bout de la langue jusqu’au palais. Tout comme une femme peut être à la fois superficielle, et cultivée. En talons hauts, et brillamment diplômée. En jupe courte, et pudique. Chieuse mais profondément attentionnée vis-à-vis des autres. Féministe et s’y connaitre en teintes de vernis à ongle.

CQFD non ?

Allez, bonne Levrette à toutes et à tous mes ami(e)s !

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