J’ai toujours rêvé de vous raconter ma 1ère fois avec la Levrette! (Ep.1)

On 8 avril 2013 by PoticheOrNotPotiche

 

Le vin, c’est comme les femmes : complexe, mais pas si compliqué !

Cher Internaute, cette semaine j’ai décidé de te parler de la Levrette. J’en ai toujours rêvé…de m’étaler sur le sujet sans pudeur, accessoires à la main, à deux ou à plusieurs… Je vais te raconter comment je me suis frottée à elle, comment je l’ai expérimentée. Tu vas voir copain : la Levrette, ce sont les femmes qui en parlent le mieux… Mais comme avec la Levrette, plus c’est long plus c’est bon, c’est en plusieurs épisodes que se fera mon récit. Il te faudra être patient, et savourer en premier lieu les préliminaires…

©papotiche

EPISODE 1 : Les préléminaires.

« Le soir où j’ai rencontré la Levrette »

Tout a commencé le jour où moi, Papotiche, je fus invitée à rejoindre le jury d’une dégustation de vins 100% féminine organisée par « Planète Bordeaux ». Il s’agissait des « Oscars des Bordeaux de l’Eté ». Je t’explique le concept : organisée depuis 2010, l’opération a pour objectif de sélectionner 6 Blancs, 6 Rosés et 6 Clairets qui seront mis en avant toute l’année lors des opés de promotion de l’appellation des «Bordeaux et Bordeaux Supérieurs» (me demande pas de t’expliquer les appellations du Bordelais toussa toussa, y’a Google pour ça!). Une présélection avait été organisée au préalable afin d’établir la liste des vins qui iraient en final (le jury était constitué de pros, à la fois des cavistes, sommeliers, œnologues, etc). A l’issue de cette présélection, 100 professionnelLES du monde du vin ont été conviées à participer à une soirée aussi sérieuse que festive pour élire leurs coups de coeur (c’est donc à la fois un concours mais aussi de l’événementiel puisque parmi ces 100 femmes, nombre de journalistes, blogueuses et serial-tweeteuses allaient se faire un plaisir de relayer l’info : astucieux, moi je dis bravo Planête Bordeaux!). Et oui, j’étais parmi les 100, ça me traite moins de potiche d’un coup, hein????

©planetebordeaux

©PlaneteBordeaux

Pop pop pop, minute Papillon : dis-moi Papotiche, comment peux-tu être une féministe moderne, et participer à un jury qui met de côté les hommes ? N’est-ce pas là du “sexisme à l’envers” ?

Argh, je l’attendais celle là… Je vais donc te répondre, petit internaute taquin ! Déjà, j’ai envie de te dire que « le sexisme à l’envers » (j’entends souvent ce terme et il hérisse le peu de poils que mon esthéticienne m’a laissés sur le pubis…) ça n’existe pas, ça ne veut rien dire, pour la simple et bonne raison que le sexisme n’a pas de “sens” (il n’est pas plus logique d’être sexiste envers une femme qu’envers un homme, non ?). Parlez moi de misandrie à la rigueur…

©papotiche

Y en avait du mâle: y avait carrément Jacques LEGROS !

Ensuite, je te répondrais que l’objectif de ce concours n’est pas de discriminer ou d’exclure ces messieurs mais plutôt d’ouvrir le monde du vin à une catégorie de la population qui, ne vous déplaise, a longtemps été exclue du milieu (rends toi compte : il y a quelques dizaines d’années, les femmes n’avaient pas le droit de rentrer dans les chais car on soupçonnait leurs menstruations de faire « tourner » le vin…pffffiou ! Moi perso pour la mayonnaise, ça m’arrange, ça m’évite de cuisiner. Mais le vin je dis non !). C’est comme ça, c’est comme si aujourd’hui nous organisions dans le même ordre idée une conférence sur les sages-femmes masculins : eux aussi ont été mis sur la touche de cette profession avant les années 1980, donc la mise en lumière ne nous paraîtrait pas illogique. Sans être sexiste pour autant. Je pense de toute façon qu’aujourd’hui ces soirées à tendance girly dans le secteur viticole sont plus une mode qu’une volonté militante. J’ai demandé à l’organisateur pourquoi il avait fait le choix d’un jury composé de femmes ; double réponse : déjà parce que les femmes aiment ce type de soirées (yeeeaaaar babyyyy, on aime bien se retrouver entre nous pour dire du mal et pour juger les autres), et ensuite parce qu’elles sont amatrices de Rosés et de Clairets. Voilà, pas de militantisme derrière, n’allons pas chercher midi à quatorze heure (surtout que l’invitation était à 19h…mouhahahaha #modeJeanAmadouActivé). Juste l’envie de passer un bon moment entre professionnelLES du vin, du web, de divers horizons.

La finalité de Planète Bordeaux était bel et bien de faire passer à ses convives une soirée « à la bien », tout en ne perdant pas de vue l’objectif ultime de voir couronnés les Rosés de l’été, ceux que l’on sirotera les doigts de pieds en éventail entre deux ficelles de tong sur notre terrasse en attendant que le barbecue prenne, et puis pour définitivement ponctuer ce débat qui n’a pas lieu d’être, sache qu’il y avait aussi des mecs invités à la soirée (ils ne notaient pas en revanche), je te rassure. Bah oui, sinon je n’y aurais pas mis un pied-escarpiné, tu penses bien que dans ma quête du grand brun-riche-intelligent-pas farouche je n’ai pas de temps à perdre avec des soirées entre nanas ! ;-)

©papotiche

En mode Papotichée-des-Hannetons

Toute polémique mise ainsi de côté, me voici donc, en mode Papotiche (jupette scandaleuse, talons laissant croire que j’ai une taille normale et gloss pailleté à porté de main), devant la porte de la Brasserie Bordelaise (célèbre institution culinaire locale, temple de la frite à la graisse de canard, enfer des anorexiques et royaume de l’entrecôte au beurre d’ail, sluuuuuurp, c’est pas ce soir que je vais emballer moi…) où se tenaient ces Oscars. Perchée sur mes 10 centimètres vernis, mon premier challenge est de ne pas me ramasser lamentablement dans les escaliers qui mènent à la salle où une grande partie de mes consoeurs sont déjà installées. Déjà parce que je suis court vêtue, comme bien souvent, mais aussi parce que ce soir je dois me tenir à carreaux et être sérieuse…toute gamelle me présentant à l’assemblée fesse la première me ferait beaucoup perdre en crédibilité, moi qui suis toute nouvelle sur la planète blogueuse !

Bon, question « me tenir à carreaux », je ne me pose pas la question bien longtemps : la première nana que je croise (enfin, qui me fait des grimaces et des “fucks amicaux” au loin) est l’une de mes copines de « Bibiche », ce magazine féminin joyeusement dissipé dont je t’ai parlé précédemment. Ce qui me met plutôt à mon aise, mais titille aussi mon envie de rire bien gras et bien fort… NOOOOON je résiste. Je bosse!

Immersion en contrée féminine faite, je ne tombe pas (ouf) et salue une à une mes congénères : nous sommes à moins d’une heure de ma rencontre avec la Levrette… (« #tête de suspense » tadaaaaaam).

Mais Papotiche, je t’interrompt encore (oui c’est vrai, et c’est chiant…j’allais en venir au sexe là !!!!) : l’objectif d’un viticulteur n’est -il pas que son vin soit aimé du plus grand nombre  ? N’est ce pas un peu “débile” du coup un jury de femmes ?

Bah, déjà je ne te permet pas de dire du mal de mes amis de Planète Bordeaux (y a que moi qui ai le droit de dire du mal sur mon blog! Tiens, d’ailleurs, laisse te dire que toi t’es moche !).

Durant toute la soirée, qui fut très sincèrement conviviale et instructive je dois l’avouer, je me suis vite rendue compte de quelque chose : parmi les 100 nanas présentes, pas deux n’étaient identiques. Tu me suis? Non? Bon. Je développe…

Lorsque je jette un coup d’oeil autour de moi, je vois de la jeune blogueuse ultra hype, de la journaliste perchée sur talons hauts mais pour autant très connaisseuse (je vais pas te reéxpliquer le théorème fondateur du blog), il y’a de la viticultrice féminine jusqu’au bout des ongles et d’autres carrément roots, des oenologues de 30, 40, 50 ans, des sommelières pointues, des étudiantes pas encore tout à fait sures de leur palais, d’autres déjà fort érudits, il y’a du Jean’s, des Louboutins, des Rangers, de la timide, de l’extravagante, de la spécialisée web, de l’aficionado du bio, etc. Bref, nos points communs étaient d’être des femmes et d’être liées de près ou de loin au monde du vin, c’est tout. Le panel reste donc fort éclectique. 

©papoticheRien qu’à la table où nos hôtes m’installèrent, le panorama est large. J’étais accompagnée d’une collègue de travail et amie, qui vient tout juste d’obtenir son DUAD (Diplôme Universitaire d’Aptitude à la Dégustation). D’ailleurs, quand nous sortons entre collègues, c’est toujours elle qui goûte le vin au resto, ce qui arrive encore à étonner certains serveurs. Ma copine, elle a deux enfants, c’est une wonder-maman active et dynamique, et cela ne l’a pas empêché de reprendre ses études tout en travaillant et de se lancer dans un tout nouveau projet professionnel dans un secteur à priori plutôt masculin (celui de l’oenologie). Déjà, à elle seule, elle fait fermer sa gueule à pas mal de statistiques. A ma droite, une chargée de communication qui avoue ne pas trop s’y connaître en vin et qui travaille pour une institution locale. Je la rassure : si on s’en tient aux connaissances oenologiques pures, moi non plus je n’y connais rien! Et je lui explique qu’à mes yeux, on peut s’y connaître de diverses manières question pinard. Moi, je suis plutôt calée en oenotourisme, et en « oenogeekeries ». C’est normal, c’est dans ce domaine que Papotiche travaille le jour mais c’est un secret… A ma gauche, une très jolie brune qui vient tout juste d’arriver à Bordeaux pour donner des cours à l’école du vin (CIVB). Son mari l’a suivi dans sa carrière (c’est souvent l’inverse…). Face à moi, Véronique, une productrice de Clairet, sans chichis mais féminine, qui nous explique un peu son parcours familial avant que la dégustation commentée ne commence: unique fille dans une famille de garçons, c’est pourtant elle qui a repris le flambeau. Quand je lui demande si le fait d’être une femme rend son vin différent ou particulier, elle ouvre de grands yeux et ne sait pas trop quoi me répondre. Elle ne se pose pas vraiment la question : le vin, ce n’est pas une question de sexe (en revanche, le sexe peut être une question de vin, en fin de soirée. Pardon, je sors), mais plutôt une question de compétences et de goût. Et de passion avant tout (la passion n’a pas de sexe. Enfin si, mais pas dans ce sens là…).

Elle me lance alors, avec un sourire amical : « Toi, tu es une énigme pour moi ! Depuis tout à l’heure je te vois tapoter sur ton téléphone, et je me demande bien ce que tu fais…. ». Tout comme elle, je suis habituée à la question, et lui explique que je suis Papotiche, une petite blogueuse amatrice de vin autant d’un point de vue gustatif que par ce qu’il donne à raconter (les rencontres, les gens, l’Histoire et les histoires, le patrimoine, etc), et pour qui toute dégustation s’accompagne donc de tweets, photos sur instagram, etc. Pas réfractaire pour deux sous, bien que tout cela ne fasse partie de ses pratiques, elle m’écoute avec intérêt lui parler de mes copines oeno-blogueuses qui se sont créées une véritable communauté sur les médias sociaux, des viticulteurs qui organisent des dégustations fortement relayées sur facebook, de l’intérêt des réseaux sociaux pour faire connaître son vin à de nouveaux publics, de l’interaction que cela peut créer avec les professionnels, je lui montre au loin dans la salle une viticultrice qui invite régulièrement ses followers à voter pour ses futures étiquettes, bref je la convainc que loin d’isoler les gens, le web social les pousse aujourd’hui à se rencontrer et à s’ouvrir les uns aux autres. Le vin a tout à y gagner.

©papotiche

La dégustation commence, et bien que très différentes nous nous retrouvons fort complémentaires au finale: nous avons 6 Clairets à noter, et à commenter, et tandis que Véronique me donnent les termes adéquats à mon ressenti, je” tweete” ses propos et “instagrame” les photos de mes camarades de picole plus vite que l’éclair (j’ai le pouce sur-entraîné)! Bref, nous étions une table fort éclectique mais chacune avait quelque chose à apporter à l’autre. Et ça n’a rendue la soirée que plus riche.

Tu vois maintenant où je veux en venir? Au fur et à mesure que la soirée avançait, j’en suis venue à cette conclusion: ce n’est pas parce que nous sommes des femmes que l’on se ressemble ! Deux femmes entre elles peuvent aussi différentes qu’un homme et une femme peuvent l’être. On trouvera finalement plus de diversité dans un jury de femmes venant ainsi de tous horizons, que chez un jury d’experts mixtes mais issus du même milieu professionnel, ou de la même formation. D’ailleurs, à notre seule table, le Clairet arrivé en numéro 1 n’était pas le même pour toutes. Il y avait certes un consensus global sur l’appréciation de chaque nectar, et ceux qui sortaient du lot, mais si mon numéro 1 fut un Clairet fruité et léger en bouche, le choix de ma copine duadiste se porta sur un autre, plus corsé. Non pas parce qu’elle est plus compétente que moi (enfin si, pour reconnaître des cépages, me décrire un vin, etc, ça oui), mais tout simplement parce que nos goûts sont différents.

La dégustation écoulée, les notes attribuées (j’avoue avoir pris grand plaisir à noter et juger autrui du bout de mon stylo rouge telle une vieille institutrice aigrie…), la proclamation des résultats se fait dans la bonne humeur générale, et la collation généreuse qui suivit fut gargantuesque (sur une échelle de 1 à 10 crans de ceintures, je l’évalue à 9!!!!!).

Si tu veux savoir qui a gagné, c’est là : Lààààààààààààà j’te dis!

Mais au final Papotiche, si un Jury de femmes ne diffère en rien d’un jury mixte, si tout est une question de goût avant d’être une question de sexe, quel intérêt de réunir toutes ces filles ? Quelle valeur ajoutée les femmes apportent-elles au monde du vin ?

©papotiche

Qui c’est qui va finir la soirée en Levrette?

J’allais y venir mon petit…laisse moi poursuivre mon histoire…

Tandis que je quitte ma table pour rejoindre et féliciter les organisateurs de la soirée, je tombe sur plusieurs copines, que je vais te présenter pour t’expliquer en quoi les différences hommes/femmes peuvent être aussi un atout dans le monde du vin. Et nous mener progressivement à la Levrette en toute fin de soirée…

TADAAAAAAAAAAM (musique de suspense…)

Dans le prochaine épisode : qui Papotiche va-t’elle te présenter ? Va-t’elle réussir à tenir le rythme, elle qui ne sait pas cracher le vin qu’elle déguste (hérésie ! Je dis hérésie!!!) ? Qu’est-ce qu’il y connaît aux femmes Rick Hunter ? Mais surtout : qui Papotiche va-t’elle rencontrer pour apprendre que la Levrette entre deux femmes c’est encore mieux ??? Avec un tire-bouchon en guise d’accessoire ????

La réponse, bientôt sur votre blog préféré…

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